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Afrique·Actualité·15 juin 2026, 06:15

Issa Tchiroma Bakary porte plainte à Paris contre Paul Biya : une nouvelle étape de l’opposition camerounaise en exil

Le vendredi 15 juin 2026, l’ancien candidat à la présidentielle camerounaise, Issa Tchiroma Bakary, a déposé deux plaintes au tribunal judiciaire de Paris, invoquant la compétence universelle et dénonçant la répression post‑élection de 2025 ainsi que la détention illégale de plusieurs milliers de compatriotes.

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Illustration éditoriale pour Issa Tchiroma Bakary porte plainte à Paris contre Paul Biya : une nouvelle étape de l’opposition camerounaise en exil

Le 15 juin 2026, le paysage politique camerounais a été secoué par l’annonce d’Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et candidat à la présidentielle du 12 octobre 2025, qui a déposé deux plaintes au tribunal judiciaire de Paris. En s’appuyant sur le principe de compétence universelle, il vise le président Paul Biya et une vingtaine de hauts responsables, dont le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Cette démarche, effectuée depuis son exil en Gambie, marque une escalade juridique de l’opposition hors des frontières nationales.

Les deux dossiers portent sur des accusations de violations graves des droits humains. Tchiroma dénonce d’abord la répression des manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle de 2025, affirmant que les forces de sécurité ont réagi avec une violence disproportionnée. Il soutient également que plusieurs milliers de Camerounais demeurent incarcérés dans différentes prisons du pays, dans des conditions qu’il qualifie d’« illégales » et contraires aux droits fondamentaux. Aucun chiffre exact n’est fourni, mais le terme « plusieurs milliers » reflète l’ampleur perçue du problème.

L’ancien ministre, aujourd’hui installé en Gambie, a longtemps occupé des postes clés au sein du gouvernement, ce qui lui confère une connaissance intime des rouages de l’État. Son exil, imposé après la campagne présidentielle, ne l’a pas empêché de rester une figure centrale de l’opposition. En déposant les plaintes à Paris, il mise sur la capacité de la justice française à exercer la compétence universelle, un mécanisme rarement mobilisé contre des chefs d’État africains, mais qui pourrait ouvrir la voie à une enquête indépendante.

Sur le plan juridique, la compétence universelle autorise les tribunaux d’un État à juger des crimes graves, même lorsque les faits se sont déroulés à l’étranger et que les auteurs ne sont pas de nationalité du pays saisissant. La France a déjà exercé ce pouvoir dans des affaires de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. L’ouverture de dossiers contre Paul Biya et ses proches pourrait donc créer un précédent, mais elle risque aussi d’alimenter les tensions diplomatiques entre Yaoundé et Paris, déjà fragiles à cause de questions migratoires et économiques.

Pour les Camerounais, tant au pays qu’à l’étranger, la procédure représente un double signal. D’une part, elle montre que l’opposition cherche à utiliser les institutions internationales pour faire valoir ses revendications, contournant les voies judiciaires nationales souvent perçues comme biaisées. D’autre part, elle rappelle aux autorités camerounaises que leurs actions sont scrutées au-delà des frontières, et que les violations présumées pourraient être soumises à un examen public. Le suivi de ces plaintes par les médias et les organisations de défense des droits humains sera décisif pour mesurer leur impact réel.

Les développements restent à suivre. Si la justice française accepte d’examiner les dossiers, une enquête pourrait être lancée, avec des répercussions potentielles sur les relations bilatérales et sur la dynamique de l’opposition intérieure. En attendant, la communauté camerounaise, notamment la diaspora, reste attentive, espérant que la voie judiciaire pourra offrir une alternative aux protestations de rue et aux accusations de répression. Le prochain chapitre de cette affaire dépendra de la décision des juges parisiens et de la capacité de l’opposition à mobiliser des preuves solides.

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