Le 22 juin 2026, le parlement camerounais s’est assemblé sous le signe de l’urgence sociale : le député Joshua Osih, figure de l’opposition du Social Democratic Front, a déposé cinq projets de loi qui seront débattus au cours de la session parlementaire de juin en cours.
Parmi ces cinq textes, deux répondent à des appels largement partagés au sein de la société camerounaise. Le premier vise à renforcer la prévention et la répression des féminicides ainsi que des violences faites aux femmes, tandis que le second propose une protection accrue des enfants contre les violences sexuelles, les enlèvements, la traite et les crimes rituels.
Les féminicides, fléau persistant, restent aujourd’hui au cœur des préoccupations citoyennes. Selon Osih, les mécanismes actuels peinent à dissuader les auteurs et à offrir une assistance rapide aux victimes. Le texte proposé introduirait des mesures de prévention modernes, des dispositifs d’alerte d’urgence et un suivi médical et psychologique renforcé pour les survivantes, ainsi qu’une procédure accélérée pour poursuivre les agresseurs.
En parallèle, la protection des enfants se heurte à des pratiques occultes et à des réseaux de trafic qui échappent souvent à la justice. Le projet de loi dédié prévoit la création d’équipes spécialisées capables d’intervenir rapidement en cas d’enlèvement, ainsi que la mise en place d’un registre national des victimes d’abus afin de faciliter le repérage et la prise en charge. Il insiste également sur la nécessité de criminaliser plus sévèrement les crimes rituels, souvent liés à des croyances traditionnelles, afin de décourager leur perpétuation.
Si ces propositions voient le jour, leurs impacts pourraient être multiples. D’une part, les femmes et les jeunes filles gagneraient en sécurité grâce à des mécanismes d’intervention d’urgence et à un soutien psychologique adapté. D’autre part, les enfants bénéficieraient d’une protection juridique renforcée, d’une meilleure coordination entre les services de police, de santé et de justice, et d’une sensibilisation accrue des communautés aux dangers du trafic et des rituels violents.
Toutefois, la route vers l’adoption de ces lois ne sera pas aisée. Le SDF, parti d’opposition, devra convaincre les majorités parlementaires, souvent réticentes à des réformes perçues comme coûteuses ou politiquement sensibles. La réussite dépendra donc d’une mobilisation citoyenne, d’un dialogue interpartis et d’une pression des organisations de la société civile qui réclament depuis longtemps des réponses concrètes aux violences de genre et à la maltraitance infantile.
Les débats de juin s’annoncent décisifs. Si les projets de loi d’Osih sont adoptés, le Cameroun pourrait franchir une étape majeure vers une protection juridique plus robuste pour les femmes et les enfants. Dans le cas contraire, les victimes continueront de subir les conséquences d’un système qui peine à répondre à leurs besoins. L’enjeu reste donc de taille, et les prochains jours détermineront si la parole du député se transformera en action législative.




