Le Cameroun, pays économiquement stratégique en Afrique centrale, fait face à des défis économiques majeurs, selon Célestin Tawamba, président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM).
Lors d'une prise de parole récente, Tawamba a souligné que la croissance économique du Cameroun a chuté à 3,1 % en 2025, contre 3,5 % en 2024, un rythme qui, selon lui, est incompatible avec les objectifs d'émergence fixés pour 2035.
Cette baisse de croissance est particulièrement préoccupante lorsque l'on considère que l'Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance moyenne de 4,5 % sur la même période, tandis que l'Uemoa atteindrait 6,4 %, contre seulement 2,6 % pour la Cemac, dont le Cameroun est la principale économie.
L'un des principaux facteurs contribuant à cette contre-performance est l'effondrement du secteur pétrolier, qui a connu une contraction de -6,9 % en 2025, après une baisse déjà importante de -9,7 % en 2024.
Les autres secteurs ne présentent guère un tableau plus rassurant. Le secteur primaire a vu sa croissance passer de 3,6 % à 1,7 % en un an, tandis que l'agriculture industrielle et d'exportation a basculé de +8,7 % en 2024 à -3,2 % en 2025, principalement en raison de difficultés climatiques et de la diminution des exportations.
Le coton, l'un des symboles de cette dégradation, a vu sa production chuter à 286 000 tonnes, très loin de l'objectif fixé à 400 000 tonnes, avec une baisse de 24 % des volumes exportés et de 29,8 % de la valeur des exportations.
Même les filières les plus performantes, comme la production de cacao, qui a atteint un record de 309 518 tonnes, révèlent certaines fragilités, soulignant la nécessité d'une stratégie économique plus diversifiée et résiliente pour faire face aux défis actuels et futurs.




