La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) représente une menace majeure pour les économies africaines et la sécurité alimentaire des populations côtières. Selon les experts, ce fléau prive les États de milliards de dollars de revenus chaque année et épuise les ressources halieutiques, poussant les jeunes à l’émigration clandestine.
La déclaration de Mombasa, adoptée le 17 juin 2026, marque une étape clé dans la coopération régionale pour lutter contre ce phénomène. Elle réunit des pays africains, des territoires ultramarins français et des partenaires asiatiques comme la Corée du Sud.
Quatorze pays côtiers ont adopté la déclaration de Mombasa le 17 juin 2026 pour renforcer la transparence dans le secteur de la pêche. Parmi les signataires figurent le Sénégal, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Cameroun, la France (pour ses territoires ultramarins) et la Corée du Sud. La pêche illégale coûterait jusqu’à 50 milliards de dollars par an à l’économie mondiale. Bassirou Diarra, responsable du bureau de Dakar de l’ONG Environmental Justice Foundation, a participé à l’élaboration de cette déclaration. La pêche illégale aggrave l’émigration clandestine depuis les zones côtières africaines.
La déclaration de Mombasa est une réponse collective à un problème qui dépasse les frontières nationales. La pêche illégale, souvent menée par des flottes étrangères, prive les pays africains de ressources essentielles et affaiblit leurs économies locales. En signant ce texte, les États reconnaissent l’urgence d’agir pour protéger leurs eaux territoriales et leurs populations.
Pour le Cameroun, cette initiative est cruciale. Le pays, dont les côtes sont riches en ressources halieutiques, subit de plein fouet les conséquences de la pêche INN. Les communautés locales, dépendantes de la pêche pour leur subsistance, voient leurs moyens de survie menacés, ce qui alimente l’exode vers des horizons incertains, notamment l’Europe.
L’inclusion de partenaires comme la France et la Corée du Sud montre une volonté de coopération internationale. Cependant, la mise en œuvre effective des mesures promises sera un défi majeur, notamment en termes de surveillance et de sanctions contre les contrevenants.
Pour le Cameroun et les autres pays signataires, cette déclaration pourrait marquer un tournant dans la gestion des ressources halieutiques. Une meilleure transparence et une coopération renforcée pourraient permettre de récupérer une partie des pertes économiques estimées à plusieurs milliards de dollars.
Sur le plan social, la lutte contre la pêche illégale pourrait réduire la pression migratoire en offrant des alternatives économiques aux jeunes des zones côtières. Cependant, cela dépendra de la capacité des États à mettre en place des politiques de développement local et à renforcer leurs capacités de surveillance maritime.
La déclaration de Mombasa est un pas important vers une gestion plus durable et équitable des ressources halieutiques en Afrique. Si elle est suivie d’actions concrètes, elle pourrait contribuer à stabiliser les économies locales et à offrir un avenir plus sûr aux populations côtières. Reste à voir si les engagements pris se traduiront par des résultats tangibles sur le terrain.




