Le 26 juin 2026, les médias camerounais s’interrogent sur une nouvelle dynamique : la présence d’une délégation américaine à Yaoundé, orchestrée par des proches de Donald Trump, relance le débat sur la souveraineté des ressources naturelles du pays.
Depuis son premier mandat, l’ancien président des États‑Unis a remodelé la stratégie américaine pour contenir la Chine, qu’il qualifie d’adversaire numéro un de l’hégémonie américaine. Cette orientation s’est traduite par une volonté affichée de réduire la dépendance aux matériaux stratégiques fournis par Pékin, notamment les semi‑conducteurs, les minerais rares et les terres rares indispensables aux technologies de pointe.
Dans ce contexte, la domination technologique devient le fil rouge d’une politique qui mise sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Les États‑Unis cherchent à substituer les importations chinoises par des sources alternatives, en privilégiant les pays disposant de gisements de nickel, de cobalt et de terres rares, deux ressources essentielles pour les batteries et les équipements électroniques.
C’est dans ce cadre que GreenMet, société fondée par Drew Horn, a émergé comme l’un des acteurs clés. Horn, ancien responsable de la sécurité nationale de Trump et conseiller principal auprès du directeur du renseignement national, s’est rendu à Yaoundé il y a quelques mois. Sa visite, peu médiatisée, a permis de présenter un programme américain soutenu par des collaborateurs de confiance du président, dont Georges Sorial, ancien conseiller juridique, et Keith Schiller, ex‑directeur de la sécurité de la Trump Organization.
Lors de ce séjour, une délégation de hauts responsables américains a signé un mémorandum d’entente (MoU) avec des partenaires camerounais. Le contenu exact du document n’a pas été rendu public, mais il est confirmé que American Renaissance Minerals (ARM), filiale directement liée à GreenMet, occupe désormais la position de leader sur le projet de nickel et de cobalt du pays. Cette prise de position indique une volonté de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la commercialisation.
Pour le Cameroun, l’enjeu se décline en deux dimensions. D’une part, l’accès à des capitaux et à une expertise technologique peut accélérer le développement de ses mines, créer des emplois et renforcer les recettes d’État. D’autre part, la concentration d’investissements étrangers entre les mains d’entités proches du cercle de Trump soulève des questions de transparence, de gouvernance et d’impact environnemental, notamment dans les régions du Sud où les gisements de cobalt sont concentrés.
L’avenir dépendra de la capacité du gouvernement camerounais à négocier des conditions claires, à garantir la protection des communautés locales et à aligner ces projets sur une stratégie nationale de diversification économique. Les observateurs suivront de près la mise en œuvre du MoU, la transparence des contrats et les réponses des acteurs régionaux, qui pourraient redéfinir le rôle du Cameroun dans la rivalité technologique USA‑Chine.




