Le 7 juillet 2026, U.S. News & World Report a dévoilé son édition 2026‑2027 du classement Best Global Universities. Sur les 2 250 établissements évalués, aucune université camerounaise ne figure dans le palmarès, une absence qui interpelle les acteurs du secteur académique du pays.
Ce classement s’appuie sur plusieurs indicateurs : production scientifique, réputation académique, citations dans les revues internationales, collaborations transfrontalières et impact sur la société. Ces critères, largement utilisés à l’échelle mondiale, permettent de mesurer la visibilité et la compétitivité des institutions dans le paysage de la recherche.
L’Afrique n’est pas totalement absente du classement ; des universités d’Égypte, d’Afrique du Sud, du Nigeria et d’autres puissances académiques y sont présentes. Leur présence témoigne d’une capacité à mobiliser des ressources, à publier dans des revues indexées et à entretenir des réseaux de coopération internationale, des leviers qui semblent encore limités pour les établissements camerounais.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette invisibilité. Le financement de la recherche reste faible, ce qui restreint les projets de grande envergure et la participation à des consortiums globaux. Le nombre de publications dans des revues à fort facteur d’impact demeure modeste, en partie à cause de contraintes linguistiques et de la moindre diffusion des travaux en anglais. Enfin, les partenariats avec des universités étrangères, essentiels pour la co‑authorship, sont encore peu développés.
L’absence du Cameroun dans ce classement a des répercussions concrètes. Les étudiants ambitieux, soucieux d’obtenir un diplôme reconnu à l’international, peuvent être tentés de s’orienter vers des institutions étrangères, accentuant ainsi le phénomène de fuite des cerveaux. Les chercheurs, quant à eux, voient leurs dossiers de financement et leurs possibilités de mobilité restreints, ce qui freine l’innovation locale.
Alors que l’Université de Maroua a récemment obtenu le quitus de son conseil d’administration, aucune de ses facultés n’a pu se hisser dans le classement mondial. Les autorités universitaires, jusqu’à présent, n’ont pas publié de réaction officielle, laissant le public dans l’attente d’une stratégie claire pour améliorer la visibilité académique du pays.
À l’horizon, le défi consiste à renforcer les capacités de recherche, à encourager la publication en anglais et à nouer des alliances avec des institutions reconnues. Un investissement ciblé dans les laboratoires, les bourses de recherche et les programmes d’échange pourrait progressivement placer les universités camerounaises sur la scène mondiale, offrant aux jeunes une perspective d’excellence au sein même du pays.




