LLV LE MAG
Cameroun·Actualité·3 juil. 2026, 09:50

Libération des trois religieux du diocèse de Nkongsamba : un souffle d'espoir dans le Nord-Ouest

Après une semaine d'angoisse, le diocèse de Nkongsamba annonce la libération du père John Bosco Bihkong et des frères Sylvester Sewong et Marie Rodrigue Sop, enlevés le 27 juin 2026. Une nouvelle qui apaise les fidèles mais rappelle la fragilité sécuritaire de la région anglophone.

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Illustration éditoriale pour Libération des trois religieux du diocèse de Nkongsamba : un souffle d'espoir dans le Nord-Ouest

Le 3 juillet 2026, le diocèse de Nkongsamba a publié un communiqué qui fait vibrer les cœurs des catholiques du Nord-Ouest : les trois religieux enlevés dans la nuit du 27 juin sont enfin revenus parmi leurs frères. Le père John Bosco Bihkong, fraîchement ordonné, et les frères franciscains Sylvester Sewong et Marie Rodrigue Sop, ont été libérés, selon le chancelier du diocèse, le père Lue‑Roger Budo, qui signe la déclaration du 1er juillet.

L’enlèvement s’est déroulé alors que les trois hommes de Dieu regagnaient Nkongsamba après la première messe célébrée par le père Bihkong le 26 juin dans son village natal, Melim‑by‑Ndop. Des hommes armés, identifiés plus tard comme appartenant aux groupes séparatistes actifs dans les zones anglophones de l’ouest du pays, ont intercepté le cortège religieux dans la nuit du 27 juin. Le choc a été immédiat, les fidèles se sont retrouvés sans leurs guides spirituels, et la région a vu monter la peur d’une escalade de la violence.

Le père John Bosco Bihkong, ordonné quelques jours auparavant, exerce son ministère au sein du diocèse de Nkongsamba, où il était déjà très apprécié pour son dynamisme et son engagement auprès des jeunes. Le frère Sylvester Sewong, gardien du couvent de Kékem, assure la sécurité du monastère et la formation des novices. Le frère Marie Rodrigue Sop, quant à lui, était en période de profession temporaire, se préparant à prononcer ses vœux perpétuels. Leur enlèvement a donc touché à la fois la vie pastorale, la formation religieuse et la cohésion communautaire du diocèse.

Le communiqué du 1er juillet, signé par le père Budo, se veut un acte de gratitude : « Le diocèse rend grâce à Dieu pour la libération du père John Bosco Bihkong et des frères Sylvester Sewong et Marie Rodrigue Sop ». Aucun détail n’est fourni sur les conditions de leur libération, les négociations éventuelles ou les exigences des ravisseurs. L’agence catholique Fides a simplement confirmé les identités des victimes et rappelé les circonstances de l’enlèvement, laissant le mystère planer sur les mécanismes qui ont conduit à leur retour sain et sauf.

Cette affaire s’inscrit dans le climat d’insécurité qui sévit depuis plusieurs années dans les régions anglophones du Cameroun. Les séparatistes, qui revendiquent l’autodétermination, ont multiplié les attaques contre des civils, des fonctionnaires et des institutions religieuses. Le fait que les trois religieux aient été ciblés montre la vulnérabilité des acteurs spirituels, souvent perçus comme des symboles d’unité nationale. Leur libération, bien qu’accueillie avec soulagement, ne dissipe pas la menace qui plane sur les communautés locales, où la peur d’une nouvelle prise d’otage reste palpable.

Pour les fidèles de Nkongsamba, le retour des trois hommes de Dieu représente plus qu’une simple bonne nouvelle : c’est le rétablissement d’un repère moral et spirituel. Les messes de gratitude qui se sont succédées ont rassemblé des centaines de paroissiens, témoignant d’une résilience collective. Les autorités ecclésiastiques profitent de cet instant pour rappeler l’importance du dialogue interconfessionnel et de la coopération avec les forces de sécurité afin de protéger les lieux de culte et leurs serviteurs.

L’avenir reste incertain, mais la libération des trois religieux ouvre une porte vers la réconciliation et la reconstruction. Le diocèse de Nkongsamba devra renforcer la sécurité de ses sites, tout en continuant à offrir un espace de paix et d’espérance à une population meurtrie. Les autorités civiles, quant à elles, sont appelées à intensifier leurs efforts contre les groupes armés, afin que plus jamais des hommes de foi ne soient pris en otage. Le message est clair : la foi persiste, même lorsque la violence tente de la briser.

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