Le vendredi 3 juillet 2026, le centre d'Antananarivo a été le théâtre d'un incident inédit : deux drones ont survolé le convoi du colonel Michael Randrianirina, chef de l’État de transition malgache. L'événement, relayé par la présidence dans un communiqué officiel, intervient alors que la région est en pleine effervescence sécuritaire.
Selon le texte publié, les appareils ont suivi la voiture officielle pendant plusieurs minutes avant de s'élever à une altitude que les tirs de la garde présidentielle n'ont pu atteindre. Les gardes ont ouvert le feu, mais les drones, trop hauts, ont échappé aux projectiles. Le colonel Randrianirina est arrivé à son domicile sain et sauf, et les autorités ont immédiatement renforcé la sécurité du site.
Ce n’est pas le premier signalement de ce type. La veille, un premier drone avait déjà suivi le même convoi avant de s'éloigner, sans que la garde n'intervienne. En avril 2026, un incident similaire avait déjà été signalé, témoignant d'une tendance qui dépasse le cadre d'un simple accident isolé.
Le recours à des drones armés ou de surveillance, autrefois réservé aux forces armées, se démocratise dans plusieurs pays d'Afrique. Leur prix abordable, la facilité d'acquisition sur le marché noir et la capacité à opérer à haute altitude en font des outils attractifs pour des groupes cherchant à intimider ou à recueillir des renseignements. À Madagascar, où les tensions politiques restent vives depuis le renversement du président en 2023, ces vols suscitent des interrogations sur la provenance et les intentions des opérateurs.
Pour le Cameroun, voisin du continent et acteur majeur de la lutte contre le terrorisme, cet épisode soulève des questions de sécurité transfrontalière. Une escalade du usage de drones non contrôlés pourrait compliquer les opérations de la Force interarmées du président Paul Biya, déjà engagées contre les groupes armés dans le nord. La capacité de ces appareils à franchir les frontières sans détection pourrait également alimenter un climat d’instabilité dans la région du lac Tchad et au-delà.
Les autorités malgaches ont annoncé le lancement d’une enquête officielle et le renforcement des mesures de protection autour de la résidence présidentielle. Elles ont également appelé la communauté internationale à condamner toute utilisation illégale de drones. Dans le même temps, les partenaires régionaux, dont la CEDEAO et l'Union africaine, sont pressés de mettre en place des protocoles de partage d'information afin de tracer l'origine de ces engins.
Alors que les investigations se poursuivent, les observateurs recommandent aux États africains de renforcer leurs cadres législatifs sur les aéronefs non habités et d’investir dans des systèmes de détection adaptés. Le prochain défi consistera à prévenir que ces survols ne se transforment en attaques, protégeant ainsi la stabilité politique d’un continent déjà confronté à de multiples menaces.




