Le 13 juillet 2026, le Maroc vient de traverser une nouvelle vague de chaleur intense, avec des températures qui flirtent avec les 50 °C dans plusieurs régions. Ce pic thermique, ressenti du nord au sud du royaume, rappelle que le pays n’est plus à l’abri des extrêmes climatiques, et que chaque journée sous le soleil brûlant devient un défi de survie pour les citoyens comme pour les services publics.
Depuis le mois de mai, le pays a déjà enregistré trois épisodes caniculaires, un rythme qui transforme l’exception en norme. Les étés marocains, autrefois marqués par des hausses ponctuelles, voient désormais leurs thermomètres s’envoler de façon récurrente, signe tangible du dérèglement climatique qui s’inscrit dans le quotidien des populations.
Le système de santé marocain montre ses limites face à cette nouvelle donne. Le docteur Hamdi Tayeb, chercheur en politique et système de santé, souligne l’absence de chiffres officiels sur la surmortalité ou les excédents d’hospitalisation liés aux canicules : « Malheureusement, au Maroc, on n’a pas de chiffres exacts publiés et officiels ». Cette opacité empêche d’évaluer l’ampleur du problème et de mobiliser des réponses ciblées.
Les conséquences sont déjà visibles : les services d’urgence voient leurs capacités mises à rude épreuve, les patients atteints de maladies chroniques ou les personnes âgées sont les plus vulnérables, et les cas de déshydratation augmentent. En 2024, la ville de Fès avait déjà enregistré 21 décès lors d’une précédente canicule, rappelant que le coût humain de ces épisodes n’est pas négligeable.
Pour les Camerounais et les autres pays d’Afrique francophone, le scénario marocain résonne comme un avertissement. Le continent connaît lui aussi une multiplication des vagues de chaleur, et les systèmes de santé restent souvent sous‑financés et mal préparés. Le manque de données fiables, comme celui observé au Maroc, freine la mise en place de stratégies de prévention efficaces.
Des mesures concrètes s’imposent : instaurer des systèmes d’alerte précoce, renforcer la collecte de données sur les admissions et les décès liés à la chaleur, créer des espaces climatisés accessibles aux populations défavorisées, et former le personnel médical aux pathologies thermiques. L’investissement dans la résilience urbaine, notamment la végétalisation des villes et la gestion durable de l’eau, constitue également un levier essentiel.
L’avenir dépendra de la capacité des gouvernements à transformer ces leçons en politiques publiques. Une coopération régionale, soutenue par des organisations internationales, pourrait permettre de partager des bonnes pratiques et de financer des projets de santé climatique. Le Maroc, en exposant ses failles, offre ainsi une opportunité d’apprentissage pour toute l’Afrique qui doit se préparer à un futur où les canicules ne seront plus l’exception, mais la règle.




