Le 17 juin 2026, la ville de Maroua a accueilli les célébrations de la 32e Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, marquant une étape symbolique pour le Cameroun qui a profité de l’événement pour réaffirmer son ambition de restaurer les terres et de protéger les pâturages menacés.
Le phénomène de désertification, aggravé par les changements climatiques et la pression croissante de l’activité humaine, s’inscrit comme un défi majeur pour le pays. Les sols dégradés réduisent la capacité de production agricole et compromettent la résilience des populations rurales, notamment les éleveurs qui dépendent des pâturages pour leurs troupeaux.
Présent à la cérémonie, le ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, Pierre Hélé, a souligné que la restauration des pâturages constitue une priorité nationale. « Nous devons agir dès maintenant pour inverser la tendance, protéger les ressources naturelles et garantir la sécurité alimentaire de nos concitoyens », a-t-il déclaré, rappelant que la perte de végétation entraîne une érosion accrue et une diminution de la biodiversité.
Le gouvernement a présenté un cadre d’action reposant sur trois axes : la reforestation des zones dégradées, la promotion de pratiques agro‑forestières adaptées aux conditions locales, et l’instauration de systèmes de gestion durable du bétail. Ces mesures s’appuient sur la coopération avec les communautés pastorales, afin d’allier savoirs traditionnels et innovations techniques.
Pour les éleveurs, la préservation des pâturages revêt une importance vitale. Un pâturage sain assure une alimentation de qualité aux bovins, augmente la productivité et réduit les coûts liés à l’achat de fourrages complémentaires. En outre, des pâturages bien gérés limitent les conflits d’usage entre agriculteurs et éleveurs, favorisant ainsi la cohésion sociale dans les zones rurales.
Le Cameroun s’inscrit dans une dynamique régionale où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest intensifient leurs efforts contre la désertification, en conformité avec l’Objectif de développement durable 15 des Nations Unies. Le partage d’expériences et la mise en place de projets transfrontaliers renforcent la capacité collective à faire face à la dégradation des sols.
Les prochains mois seront décisifs. Le ministère a annoncé la mise en œuvre de programmes pilotes dans les régions les plus exposées, ainsi que le suivi rigoureux des indicateurs de restauration. La communauté internationale et les acteurs locaux seront appelés à soutenir ces initiatives, afin que les promesses formulées à Maroua se traduisent en résultats concrets sur le terrain.




