Ce jeudi 9 juillet 2026, trois militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) ont déposé une requête devant le juge des référés du tribunal de première instance d’Ekounou, situé dans le 4e arrondissement de Yaoundé, afin de contester la légitimité de Maurice Kamto à la direction du parti d’opposition.
Les trois requérants demandent à la justice de se prononcer sur la validité des actions prises par Maurice Kamto depuis son retour à la tête du MRC, arguant que son statut de président serait entaché par des irrégularités internes. L’audience a été fixée le même jour, 9 juillet, à la cour de Yaoundé, où le juge devra trancher la question de la légitimité du leader du parti.
Ce litige s’inscrit dans un contexte déjà chargé. En juin 2025, Maurice Kamto avait annoncé sa démission du MRC pour rejoindre le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), qui avait porté sa candidature à la présidentielle – candidature finalement invalidée par les autorités. Son retour au sein du MRC, donc, soulève des interrogations quant à la continuité de son mandat et à la conformité de ses actions avec les statuts du parti.
Parallèlement à la procédure judiciaire, la direction du MRC a réagi en excluant l’un des trois plaignants, décision annoncée publiquement par le porte‑parole du parti. Cette exclusion, perçue comme une mesure disciplinaire, accentue la tension interne et montre la volonté de la direction de protéger son autorité face à la contestation.
L’enjeu dépasse le simple différend juridique. Une opposition fragmentée affaiblit la capacité du MRC à présenter un front uni contre le pouvoir en place, surtout à l’approche des échéances électorales. La contestation de la légitimité de son président pourrait entraîner une scission, voire la création de factions rivales, ce qui risquerait de diluer le vote de l’opposition et de favoriser le maintien du statu quo.
Pour les électeurs camerounais, ce conflit juridique traduit une incertitude quant à la stabilité des forces d’opposition. Si le tribunal venait à confirmer la légitimité de Maurice Kamto, le parti pourrait se reconstituer rapidement, mais la méfiance générée par l’exclusion d’un militant risque de ternir son image auprès du public. À l’inverse, une décision défavorable pourrait ouvrir la voie à de nouvelles revendications internes et à la recherche d’un nouveau porte‑parole.
Les observateurs attendent désormais la décision du juge des référés, qui devrait être rendue dans les prochains jours. Le résultat de cette audience pourrait redéfinir les lignes de fracture au sein du MRC et, par extension, influencer la dynamique politique du Cameroun à l’horizon des prochaines échéances électorales.




