Le 28 juin 2026, l’émission « Droit de réponse » d’Equinoxe TV a offert à Mustapha Ngouana une tribune pour exposer, sans détours, la désillusion qui habite de plus en plus les Camerounais face aux promesses gouvernementales. Le débat, intitulé « Confiance rompue : l’opinion face aux promesses non tenues », a réuni des analystes et des citoyens autour d’un constat alarmant : le pays semble figé, comme suspendu entre des annonces flamboyantes et une réalité qui ne suit pas.
Ngouana n’a pas mâché ses mots : « Notre pays est à l’arrêt. Quand les gens parlent même de mal gouvernance, je pense qu’ils sont gentils, il s’agit en fait de non‑gouvernance. Le Cameroun est sur pilotage automatique ». Cette phrase, forte de son imagerie, résume un sentiment d’impuissance collective, où chaque initiative officielle se heurte à un mur d’inertie bureaucratique.
Pour illustrer son propos, le commentateur a rappelé deux faits concrets. D’abord, le président avait annoncé que la CAN se tiendrait à la date prévue, promesse qui n’a jamais été tenue. Ensuite, le cinquantième anniversaire de la réunification, censé être célébré en 2011, n’a finalement eu lieu qu’en 2014, malgré les cinquante ans accordés au chef de l’État pour préparer cet événement. Ces décalages, loin d’être de simples anecdotes, témoignent d’une tendance à repousser les échéances au détriment de la crédibilité institutionnelle.
Ces retards ont des répercussions tangibles. Chaque promesse non honorée alimente le scepticisme des populations, fragmente le tissu social et décourage l’investissement privé. Quand les dates clés sont constamment repoussées, les citoyens perdent confiance dans la capacité de l’État à planifier et à exécuter des projets d’envergure, ce qui, à terme, ralentit le développement économique et social du pays.
Ngouana a qualifié ces dérives de « errements permanents » de la gouvernance présidentielle. Selon lui, il ne s’agit plus d’erreurs isolées, mais d’un schéma récurrent où les décisions sont prises sans suivi, où les délais sont annoncés mais jamais respectés. Cette « non‑gouvernance » crée un vide que remplissent les rumeurs et les spéculations, nourrissant un climat d’instabilité politique.
Le thème du débat, « Confiance rompue », reflète la frustration d’une société qui attend des réponses concrètes. Les téléspectateurs, tout comme les commentateurs, ont exprimé leur exaspération face à une classe dirigeante qui, selon eux, semble ignorer les attentes légitimes de la population. Cette prise de parole publique, bien que ponctuelle, pourrait marquer le début d’une mobilisation plus large pour réclamer transparence et responsabilité.
Les propos de Mustapha Ngouana appellent à un revirement de cap. Si la confiance est à reconstruire, il faut d’abord que les engagements soient respectés, que les échéances soient tenues et que la gouvernance cesse d’opérer en mode « pilotage automatique ». Le Cameroun, à la croisée des chemins, a besoin d’une direction qui transforme les promesses en actions concrètes, sous peine de voir son dynamisme s’éroder davantage.




