LLV LE MAG
Afrique·Actualité·12 juil. 2026, 10:10

Or camerounais : les mesures gouvernementales jugées insuffisantes par la société civile

Sept mois après la révélation d’un écart majeur entre l’or déclaré à l’export et les achats confirmés à l’international, le ministère des Mines lance une « croisade » qui, selon les experts, ne cible pas les véritables bénéficiaires du trafic illicite.

0vues3min lecture
Illustration éditoriale pour Or camerounais : les mesures gouvernementales jugées insuffisantes par la société civile

Le 12 juillet 2026, le débat sur l’or du Cameroun reprend de plus belle. Un écart alarmant entre les volumes déclarés à la douane et les quantités réellement achetées par les importateurs, les Émirats arabes unis en tête, a été mis en lumière il y a plus de sept mois. Cette divergence, révélée par des enquêtes indépendantes, soulève d’importantes questions sur la traçabilité du métal précieux et la perte de recettes fiscales pour l’État.

À la demande de la présidence, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le professeur Fuh Calistus Gentry, a déclaré que le secteur était « en croisade pour l’assainir ». Cette rhétorique, largement relayée dans les médias, s’accompagne d’une série d’actions concrètes : des descentes sur le terrain, des contrôles renforcés et la mise en place de sanctions contre les acteurs non conformes.

En mai dernier, le ministère a publié une liste d’environ deux cents sociétés jugées illégales, sommées de se mettre en conformité sous peine de sanctions. Cette démarche vise à éradiquer les réseaux de production clandestine qui alimentent le marché noir. Les autorités affirment que ces mesures permettront de réduire les écarts entre les exportations officielles et les flux réels d’or.

Cependant, les spécialistes et les organisations de la société civile pointent du doigt un manque de ciblage. Selon leurs analyses, les mesures prises ne s’attaquent pas à la question la plus sensible : qui profite réellement du trafic illicite d’or camerounais ? Les enquêtes suggèrent que des réseaux transnationaux, parfois liés à des élites locales, continuent de détourner le produit fini, échappant aux contrôles étatiques.

L’enjeu dépasse le simple volet sécuritaire. L’or constitue une source de revenus importante pour le pays, et chaque kilogramme détourné représente une perte de devises qui aurait pu être investie dans les infrastructures, l’éducation ou la santé. Le manque de transparence alimente également la méfiance des investisseurs étrangers, qui craignent des pratiques de corruption et de blanchiment d’argent.

Pour combler ces lacunes, les experts appellent à renforcer la traçabilité du métal dès la mine, à instaurer des certificats d’origine obligatoires et à créer une plateforme de suivi en temps réel entre les exportateurs, les douanes et les acheteurs internationaux. Une telle chaîne de contrôle permettrait de rendre chaque transaction visible, réduisant ainsi les possibilités de détournement.

Alors que le gouvernement se veut proactif, les attentes de la société civile restent élevées. L’échéance approche : il faudra non seulement appliquer les sanctions annoncées, mais aussi mettre en place des mécanismes de transparence qui répondent aux exigences de la communauté internationale et aux aspirations du peuple camerounais. Le véritable assainissement du secteur de l’or ne pourra se réaliser que si les bénéficiaires du trafic illicite sont identifiés et tenus pour responsables.

🛍️

Commande à l'étranger

Amazon, AliExpress, Alibaba… commandez et payez en FCFA

Collez le lien du produit, recevez un devis, payez par Orange Money ou MTN — livré chez vous au Cameroun.

Je commande →
vues min de lecture0 j'aime0 commentaires
Partager
Connectez-vous pour liker et noter cet article.

Commentaires

Connectez-vous pour laisser un commentaire.