LLV LE MAG
Cameroun·Économie·4 juil. 2026, 21:49

Or du Cameroun : pourquoi interdire l'exportation par les particuliers ?

Me Christian Ntimbane Bomo invoque le modèle ghanéen pour réclamer que la vente d’or au Cameroun soit réservée à la SONAMINES, promettant devises, impôts et projets d’infrastructure.

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Illustration éditoriale pour Or du Cameroun : pourquoi interdire l'exportation par les particuliers ?

Le 4 juillet 2026, le débat sur l’or camerounais refait surface, porté par l’avocat et homme politique Me Christian Ntimbane Bomo. Il pointe du doigt le Ghana, qui, après une crise aiguë, a su transformer son minerai en moteur de croissance. « Pourquoi le Cameroun ne ferait‑il pas de même ? » lance‑il, rappelant que le pays voisin a rebondi grâce à une politique d’État stricte sur l’or.

Selon Bomo, la loi minière et le décret qui a créé la SONAMINES obligent déjà tout particulier qui extrait de l’or à le vendre à l’État pour l’exportation. Cette règle, il le souligne, n’est pas une contrainte mais une opportunité : chaque once d’or devient une source de devises étrangères, chaque transaction génère des impôts substantiels pour les caisses publiques.

« Beaucoup d’argent rentrera au Cameroun sous forme de devises. L’État prélèvera de grands impôts. Les caisses publiques seront renflouées. On pourra alors lancer les grands projets d’infrastructures, tripler les salaires… », affirme l’avocat. L’enjeu, selon lui, dépasse le simple gain fiscal : il s’agit de financer des routes, des hôpitaux et d’élever le niveau de vie de millions de Camerounais.

Le parallèle avec le Ghana est central. En septembre 2022, la dette totale du Ghana s’élevait à 55 milliards de dollars, soit plus du double de la dette du Cameroun, estimée à 15 000 milliards de FCFA. Cette surcharge a entraîné le déclassement du pays par plusieurs agences de notation, le privant d’accès aux marchés internationaux. Le pays était alors au bord de la cessation de paiement.

Trois ans plus tard, le Ghana a renversé la vapeur. Les caisses publiques sont redevenues pleines, les grandes infrastructures se sont multipliées et les projets d’envergure ont repris. Bomo utilise ce rebond comme preuve que la gestion centralisée de l’or peut être le levier d’une relance économique, même après une crise profonde.

Pour le Cameroun, la leçon est claire : laisser les particuliers vendre librement l’or à l’étranger, c’est perdre une manne potentielle de devises et de recettes fiscales. En confiant la commercialisation à la SONAMINES, le pays pourrait sécuriser les flux monétaires, éviter la fuite de capitaux et garantir une redistribution équitable des profits miniers.

L’appel de Bomo se termine sur une invitation à l’action citoyenne. « Chaque Camerounais responsable doit exiger l’interdiction absolue de la vente de notre or à l’étranger par des particuliers », conclut‑il. Si la société civile et les décideurs saisissent cette opportunité, le métal jaune pourrait devenir le socle d’une nouvelle ère de prospérité pour le Cameroun.

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