Le 13 juillet 2026, la radio France Internationale a publié un éclairage sur la nouvelle dynamique qui redessine la carte des investissements aurifères en Afrique de l’Ouest. Alors que la quête du métal précieux poursuit son sillage, les États de la sous‑région rivalisent d’efforts pour séduire les multinationales du secteur. Cette redistribution, loin d’être anodine, promet de remodeler les flux de capitaux, les emplois et les équilibres géopolitiques du continent.
Au Mali, au Burkina Faso et au Ghana, les gouvernements ont renforcé leur emprise sur les filières minières, imposant des cadres réglementaires plus stricts et des exigences de transparence accrues. Cette montée en puissance de la souveraineté minière, bien accueillie par les populations locales, a toutefois refroidi les investisseurs étrangers, qui redoutent l’incertitude juridique et les risques de conflits. Le résultat : un désengagement progressif des projets en cours et une recherche active de terrains plus stables.
Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire et la Guinée se sont hissées en tête des destinations privilégiées. Le projet titanesque de Koné, porté par un consortium international, devrait entrer en production avant la fin de l’année, avec plusieurs mois d’avance sur le calendrier initial. Cette perspective de rendement rapide, conjuguée à un climat d’affaires jugé prévisible, a attiré des capitaux qui, hier encore, cherchaient à s’implanter au Mali ou au Ghana.
À l’est, la Mauritanie et le Sénégal se positionnent également comme de nouveaux pôles d’attraction. Un mineur d’or photographié le 16 janvier 2025 à Kédougou, au Sénégal, illustre la présence croissante d’équipes techniques sur le terrain. Les autorités mauritaniennes, quant à elles, ont lancé des incitations fiscales pour accélérer les phases d’exploration. Ces initiatives visent à convertir la réputation de stabilité en un véritable aimant à investissements, tout en créant des emplois locaux.
Pour le Cameroun, voisin immédiat de plusieurs de ces économies, la reconfiguration des flux d’or représente à la fois une opportunité et un défi. Un cadre juridique clair, des garanties de sécurité et une politique de partage des bénéfices pourraient rendre le pays attractif pour les sociétés qui cherchent à diversifier leurs sites. Le modèle ivoirien, avec son projet Koné, offre un exemple concret de comment la rapidité d’exécution et la prévisibilité peuvent transformer une ressource en moteur de croissance.
Les retombées attendues dépassent le simple chiffre d’affaires minier. Une production accrue génère des recettes fiscales, finance des infrastructures et stimule le commerce transfrontalier. Toutefois, l’histoire récente de l’or en Afrique montre que l’afflux de capitaux s’accompagne parfois de pressions environnementales et de tensions communautaires. La transparence dans la gestion des concessions, le respect des normes environnementales et l’inclusion des populations locales sont donc indispensables pour que la manne économique ne devienne pas une source de discorde.
Alors que les acteurs du secteur observent avec attention l'évolution des prochains mois, trois éléments clés retiendront leur attention : la finalisation du projet Koné, les nouvelles licences accordées en Mauritanie, et la capacité du Sénégal à sécuriser ses sites d’extraction. Le Cameroun, s’il veut profiter de cette dynamique, devra articuler une stratégie qui conjugue stabilité réglementaire, dialogue social et attractivité fiscale. La redistribution des investissements aurifères ne se limite pas à un jeu d’équilibre entre États, mais constitue une invitation à repenser la gouvernance des richesses naturelles du continent.




