Le 27 juin 2026, dans l’émission « Obama Time » diffusée sur la chaîne privée A1, Owona Nguini, vice‑recteur de l’Université de Yaoundé II, a lancé un verdict sans appel : Samuel Eto’o, à la tête de la Fédération camerounaise de football, serait le principal responsable du désordre qui gangrène le sport roi depuis plus d’une décennie.
Eto’o, icône du ballon rond et héros des Lions Indomptables, a quitté le terrain en 2009 pour prendre la présidence de la FECAFOOT. Son charisme a longtemps masqué les difficultés structurelles du fédératif, mais, selon Nguini, la célébrité ne suffit pas à gouverner un organisme qui requiert rigueur et transparence.
Le professeur Nguini rappelle que la débâcle aurait commencé en 2009, alors que le joueur était encore actif dans l’équipe nationale. Il pointe « l’histoire du brassard », un épisode qu’il qualifie d’inutile et qui, selon lui, a « pourri » la Coupe d’Afrique des Nations 2010 ainsi que la participation du Cameroun à la Coupe du Monde 2010.
Le même enchaînement de revers, selon le vice‑recteur, aurait empêché les Lions de se qualifier pour les Coupes des Nations 2012 et 2013, avant d’atteindre le point culminant de la « catastrophe absolue » à la Coupe du Monde 2014. Ces revers successifs, il le souligne, ont laissé le football camerounais sans trophée majeur depuis plus de dix ans.
Pour le supporter moyen, ces revers ne sont pas de simples statistiques : ils traduisent une perte de confiance, des sponsors qui se retirent, et des jeunes talents qui voient leurs rêves d’excellence s’éloigner. Le manque de cohésion évoqué par Nguini se reflète dans les stades vides, les clubs qui peinent à financer leurs académies, et une diaspora qui s’interroge sur la pertinence d’investir dans le sport national.
Nguini ne se contente pas de blâmer ; il propose une voie de sortie. Il insiste sur la nécessité d’une équipe soudée, où chaque joueur partage un lien mental et moral. Selon lui, la priorité doit être la reconstruction d’une gouvernance transparente, la mise en place d’un comité de suivi indépendant, et la réintégration d’anciens cadres techniques capables de rétablir la discipline.
L’avenir du football camerounais dépend désormais de la capacité des dirigeants à écouter ces critiques et à agir. Si la FECAFOOT accepte de réformer son leadership, les Lions pourraient retrouver la ferveur qui les a menés aux sommets. Sinon, le spectre du désordre évoqué par Owona Nguini risque de se prolonger, privant une nation entière d’une fierté collective qui mérite d’être restaurée.




