Le 14 juillet 2026, Yaoundé a accueilli la revue à mi‑parcours du Document de stratégie pays (DSP 2023‑2028) de la Banque africaine de développement (BAD). Co‑présidée par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, et le directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale, Léandre Bassolé, la rencontre a placé au cœur du débat l’accélération de l’exécution des projets financés et la création d’emplois pour la jeunesse camerounaise.
Le partenariat compte aujourd’hui 28 opérations actives, représentant plus de 1 629,2 milliards de FCFA d’engagements. Ces projets, allant des routes aux réseaux d’énergie, sont censés constituer le socle d’une croissance inclusive, mais leur mise en œuvre reste freinée par un taux global de décaissement 26 %, selon les chiffres présentés lors de la réunion.
Ce faible taux de décaissement traduit des obstacles administratifs et financiers qui ralentissent la libération des fonds. Le gouvernement a donc appelé à une levée rapide de ces blocages, afin de transformer les engagements financiers en réalisations concrètes sur le terrain. Chaque mois de retard représente des opportunités d’emploi perdues pour des milliers de jeunes en quête de stabilité.
Mounouna Foutsou, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ai, a souligné que chaque grand projet d’infrastructure doit intégrer systématiquement un volet de formation et d’insertion professionnelle. « Les investissements doivent devenir des leviers d’inclusion, pas seulement des chantiers », a-t-il déclaré, rappelant que la formation adaptée aux besoins du marché est la clé pour transformer les chantiers en emplois durables.
Cette orientation a reçu l’appui des principaux ministères sectoriels mobilisés, traduisant une volonté gouvernementale de faire du partenariat avec la BAD un moteur de transformation sociale. En alignant les projets d’infrastructure avec des programmes de formation, le pays espère créer des emplois directs dans la construction et des emplois indirects dans les services annexes, stimulant ainsi la consommation locale.
Pour les jeunes camerounais, la concrétisation de ces engagements signifie davantage de perspectives d’insertion professionnelle, de compétences certifiées et de revenus stables. Au-delà de l’impact immédiat, une telle dynamique pourrait réduire le taux de chômage des 15‑35 ans, atténuer les tensions sociales et renforcer la confiance dans les institutions publiques et financières.
L’avenir dépend désormais de la capacité du gouvernement à mettre en place des procédures simplifiées, à suivre rigoureusement les décaissements et à assurer la qualité des formations. Un suivi transparent et une coordination étroite avec la BAD seront essentiels pour transformer les 1 629,2 milliards de FCFA engagés en moteurs de croissance inclusive, offrant ainsi au Cameroun un modèle de développement où chaque projet devient une opportunité pour la jeunesse.




