Paul Biya, doyen mondial des chefs d'État à 93 ans, avait quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé en Europe », selon la formule officielle. Il n'a regagné Yaoundé que le 20 août au soir, en provenance de Genève — soit 73 jours d'absence, un record pour son règne, qui a nourri deux mois durant les spéculations sur son état de santé.
Cette absence hors norme a relancé le débat sur l'inertie du pouvoir camerounais. L'opposition dénonce un « vide institutionnel » et un pays laissé « en pilote automatique » : depuis l'élection présidentielle d'octobre 2025, aucun nouveau gouvernement n'a été formé, et le poste de vice-président, pourtant rétabli par la réforme constitutionnelle d'avril 2026, reste vacant.
Deux jours après son retour, le 22 août, Paul Biya recevait au Palais de l'Unité les Lionnes Indomptables, fraîchement sacrées championnes d'Afrique à Rabat — une séquence qui lui a permis de reparaître en public sur une note résolument positive, après deux mois de quasi-absence de la scène publique.
Mais l'embellie sportive ne referme aucun des dossiers qui attendaient son retour : nomination d'un vice-président, remaniement gouvernemental, loi de finances rectificative. Autant de décisions que les investisseurs et partenaires internationaux — Moody's en tête — surveillent comme le véritable test de solidité du dispositif de succession camerounais.




