Plus de 90 % du trafic maritime camerounais transite par lui, et il sert de hub pour des pays enclavés comme le Tchad ou la Centrafrique : le Port Autonome de Douala n'a pas droit à l'erreur sur sa gouvernance. C'est dans cette logique qu'il lance un appel à candidatures pour recruter trois auditeurs internes, une étape de son plan de modernisation.
L'objectif affiché est simple : renforcer la crédibilité de la fonction d'audit interne au sein d'une infrastructure critique pour toute l'économie de la sous-région CEMAC. Le contexte régional pousse dans ce sens — la BEAC avait organisé dès février 2026 à Yaoundé la 16e conférence des responsables d'audit interne des banques centrales d'expression française, un signal clair sur l'importance accordée à cette fonction dans la zone.
Pour un port qui reste la porte d'entrée maritime numéro un d'Afrique centrale, ce recrutement dépasse la simple formalité administrative : les investisseurs et partenaires internationaux surveillent de près la capacité des infrastructures critiques du continent à se doter de garde-fous internes crédibles plutôt que symboliques.
Si le PAD parvient à transformer ce recrutement en réelle amélioration de sa gouvernance financière, l'initiative pourrait servir de référence pour d'autres institutions publiques camerounaises confrontées aux mêmes soupçons de dysfonctionnement.
Reste la question qui accompagne toujours ce type d'annonce au Cameroun : le recrutement de trois auditeurs suffira-t-il à transformer une culture de gouvernance, ou ne sera-t-il qu'un geste de communication de plus, sans effet visible sur les pratiques du terrain ?




