Le 18 juin 2026, le marché du café robusta au Cameroun montre les premiers signes d’une remontée. Après une période de stabilité, les cours du grain s’élèvent désormais entre 1 275 et 1 400 FCFA le kilogramme, d’après les données du Système d’information des filières (SIF) de l’Office national du cacao et du café (ONCC). Cette évolution, bien que modeste, marque une rupture avec les prix plats observés depuis plusieurs mois et redonne un souffle aux producteurs des bassins de production.
Cette hausse s’explique d’abord par la conjoncture internationale. La demande mondiale de robusta, alimentée par les grandes marques de torréfaction, a repris après la reprise économique post‑pandémique, créant une pression à la hausse sur les exportations africaines. Parallèlement, des aléas climatiques – sécheresses ponctuelles dans certaines plantations du Sud‑Ouest – ont limité l’offre locale, renforçant la dynamique des prix. Enfin, la dépréciation du franc CFA face aux monnaies d’échange a rendu le café camerounais plus attractif pour les acheteurs étrangers.
Pour les cultivateurs, la remontée des cours représente un répit bienvenu. Une hausse de 10 à 15 % du revenu moyen par kilogramme peut permettre de couvrir davantage les coûts de production, notamment les intrants phytosanitaires et les frais de transport vers les centres de collecte. Néanmoins, les prix restent inférieurs aux niveaux atteints au premier trimestre de l’année, rappelant que la reprise est encore fragile. Les coopératives locales redoutent une nouvelle volatilité qui pourrait compromettre les gains obtenus.
L’ONCC, via le SIF, joue un rôle clé en assurant la transparence des informations de marché. En publiant régulièrement les fourchettes de prix, l’institution aide les acteurs de la filière à anticiper les fluctuations et à planifier leurs activités. Cette visibilité favorise également les négociations avec les exportateurs, qui peuvent désormais s’appuyer sur des références fiables pour fixer leurs contrats. Le suivi des cours constitue ainsi un levier d’amélioration de la chaîne de valeur du café robuste.
Au-delà du bénéfice immédiat pour les agriculteurs, la hausse des prix a des répercussions sur l’économie rurale camerounaise. Le café robuste demeure l’une des principales sources de devises d’exportation, contribuant aux recettes publiques et au financement des projets d’infrastructure dans les zones agricoles. Une amélioration des revenus peut stimuler la consommation locale, soutenir les commerces de proximité et réduire la pression migratoire vers les villes. Cependant, la dépendance à un seul produit expose les communautés à des chocs externes, d’où l’importance d’une diversification des cultures.
Les perspectives restent ouvertes, mais conditionnées par plusieurs facteurs. Une politique de soutien à la modernisation des plantations – adoption de variétés résistantes, amélioration des pratiques culturales – pourrait consolider la compétitivité du Cameroun sur le marché mondial. Par ailleurs, la stabilisation des cours nécessitera une coordination étroite entre les autorités, les organisations de producteurs et les acteurs privés afin d’atténuer les effets des fluctuations climatiques et monétaires. En attendant, la remontée des prix offre un espoir tangible aux cultivateurs, qui voient enfin leurs efforts récompensés.




