Le 18 juin 2026, le tribunal de première instance de Douala‑Bonanjo devait examiner le litige opposant le youtubeur et directeur de publication de Cameroun Investigation, Fometio Aymard Brice, à l’honorable Cabral Libii Lingue Ngue, au Parti du Courant du Renouveau National (Pcrn) et à d’autres parties. Aucun débat de fond n’a eu lieu et le juge a renvoyé l’affaire au 20 août 2026, laissant le public dans l’attente d’une décision définitive.
Deux manquements procéduraux ont été invoqués : le dépôt de la consignation légale de 50 000 FCFA, exigée pour toute citation directe, n’a pas été effectué, et l’acte original de citation n’a pas été présenté devant la juridiction. Ces deux lacunes ont suffi à justifier le report de l’audience, sans que le fond du dossier ne soit examiné.
En droit camerounais, la consignation constitue une garantie financière destinée à couvrir les frais de procédure et à dissuader les recours abusifs. Son paiement est obligatoire avant que le tribunal n’accepte la citation d’une partie. De même, l’acte de citation original, signé par l’huissier, doit être produit pour attester de la régularité de la notification. Le non‑respect de ces exigences entraîne automatiquement le rejet ou le renvoi de la requête.
Pour les parties, le report signifie un délai supplémentaire pour se conformer aux exigences légales. Le plaignant, Fometio Aymard Brice, devra mobiliser les ressources nécessaires afin de régler la consignation et de fournir le document manquant. Le défendeur, Cabral Libii, voit son calendrier judiciaire allongé, ce qui peut retarder la résolution d’un conflit qui touche déjà l’opinion publique.
Cameroun Investigation, média d’investigation en ligne, a publié un communiqué détaillant les raisons du renvoi, soulignant son engagement à respecter la loi tout en informant ses lecteurs. Le média rappelle que la procédure judiciaire en cours résulte d’une citation directe liée à une interview diffusée sur sa chaîne, ce qui place la liberté d’expression au cœur du débat juridique.
Pour les lecteurs camerounais, cet épisode illustre les contraintes procédurales qui peuvent ralentir l’accès à la justice, même dans des affaires médiatisées. Il rappelle que la rigueur administrative est un prérequis incontournable, au risque de prolonger des conflits et de nourrir le scepticisme à l’égard du système judiciaire.
La prochaine audience, fixée au 20 août 2026, dépendra de la capacité du plaignant à régulariser la consignation et à présenter l’acte de citation original. Si ces conditions sont remplies, le tribunal pourra enfin se pencher sur le fond du dossier, qui porte sur la responsabilité d’une diffusion en ligne et les limites de la liberté d’expression au Cameroun.
En attendant, la communauté doit rester vigilante, suivre les mises à jour officielles et exiger le respect des procédures. Le respect des exigences légales n’est pas une simple formalité ; il garantit la crédibilité du processus judiciaire et protège les droits de toutes les parties impliquées.




