Le 29 juin 2026, les autorités du Réseau des systèmes d'alerte précoce pour la famine ont tiré la sonnette d'alarme : les récoltes attendues dans plusieurs régions du Cameroun ne suffiront pas à sortir les familles de la crise alimentaire qui sévit depuis plusieurs mois.
Dans l'Extrême‑Nord, l'activité des groupes armés, dont l'Iswap, a paralysé la préparation des terres. Les habitants des départements du Logone‑et‑Chari, du Mayo‑Sava et du Mayo‑Tsanaga n'ont pas pu mener les travaux agricoles indispensables à la campagne principale, compromettant ainsi la production de maïs, de mil et d'autres cultures vivrières.
Cette interruption du cycle agricole se traduit par des revenus très faibles provenant des cultures de contre‑saison. Les ménages qui dépendaient de ces récoltes pour compléter leurs besoins alimentaires se retrouvent avec des paniers vides, accentuant la malnutrition et la dépendance à l'aide humanitaire.
Le diagnostic du réseau d'alerte indique que les perspectives de récolte restent faibles jusqu'en septembre 2026. Cette échéance coïncide avec la fin de la saison des pluies, période cruciale pour l'ensemencement et la croissance des cultures. Sans amélioration, les familles risquent de rester en situation de crise pendant plusieurs mois supplémentaires.
Pour les populations concernées, la réalité se traduit par des choix difficiles : réduire les portions, sacrifier la qualité nutritionnelle ou recourir à des aliments de moindre valeur calorique. Les conséquences sur la santé, notamment chez les enfants et les femmes enceintes, sont déjà perceptibles, avec une hausse des cas de carences en protéines et en micronutriments.
Face à ce tableau sombre, les organisations humanitaires et les autorités locales sont appelées à renforcer les programmes de soutien alimentaire, à sécuriser les zones agricoles et à faciliter l'accès aux semences et aux engrais. Le défi consiste à concilier la protection des agriculteurs contre les menaces armées et la relance d'une production qui puisse répondre aux besoins de base.
Dans les prochains mois, la communauté internationale devra suivre de près les indicateurs de sécurité alimentaire. Une réponse coordonnée, alliant assistance d'urgence et stratégies de résilience à long terme, pourrait éviter que la crise ne s'enracine davantage dans le tissu socio‑économique du pays.




