« La région de l'Est regorge de nombreuses potentialités. Les investisseurs sont les bienvenus pour venir échanger et explorer les opportunités dans un cadre légal et sécurisé. » Wouamane Mbele Alphonse, président du Conseil régional de l'Est depuis 2020 et réélu depuis, ne cache pas son ambition : sortir sa région de l'image d'enclave sous-développée qui lui colle depuis des décennies.
Frontalière avec la République centrafricaine et le Congo, l'Est camerounais dispose pourtant d'atouts que peu de régions du pays peuvent revendiquer : ressources minières, forestières et agricoles encore largement sous-exploitées, un potentiel que Mbele met en avant à chaque occasion, notamment à travers l'East Investment Forum, rendez-vous qu'il a lui-même initié pour réunir officiels, investisseurs et acteurs économiques autour du café, du cacao, du caoutchouc, de l'huile de palme, de la pêche ou encore de l'énergie tirée du barrage de Lom Pangar.
L'ambition affichée se heurte cependant à une réalité tenace : les infrastructures routières et énergétiques restent insuffisantes pour transformer l'intérêt en investissements concrets. Un forum, aussi bien organisé soit-il, ne construit pas à lui seul les routes qui manquent pour acheminer une récolte de cacao jusqu'au port.
La position frontalière de l'Est, souvent présentée comme un handicap sécuritaire, pourrait aussi devenir un atout si la région parvenait à se positionner comme plateforme d'échanges régionaux avec ses voisins centrafricain et congolais — à condition que la sécurité et la logistique suivent le discours.
Le pari de Wouamane Mbele se jouera moins dans les discours d'ouverture de forum que dans le nombre d'investisseurs qui, après avoir « exploré les opportunités », reviendront réellement signer un contrat.




