La Route Nationale n°3 (RN3) relie Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, à Douala, son poumon économique. Cet axe supporte un trafic intense de marchandises, de passagers et de véhicules privés, en faisant l'une des routes les plus fréquentées et les plus accidentogènes du pays.
Les stationnements dangereux, notamment ceux des poids lourds et des véhicules de transport en commun, sont pointés du doigt depuis des années. Ils obstruent la visibilité, réduisent la fluidité du trafic et augmentent les risques de collisions, particulièrement la nuit ou par mauvais temps.
35 accidents sur la RN3 entre juin et août 2026 sont attribués au stationnement dangereux ou abusif de véhicules. L'axe Yaoundé-Douala concentre 27 des véhicules identifiés comme responsables de ces accidents, devant Yaoundé-Bafoussam (19) et Yaoundé-Bertoua (15). Le ministère des Transports (MINT) a lancé une campagne de sensibilisation et de contrôle du 25 juin au 30 septembre 2026, ciblant notamment les agences de voyages et les zones à haut risque. Les équipes du MINT se sont déployées en caravane dans les artères de Yaoundé, notamment à Olembe et Mimboman, pour sensibiliser les usagers de la route. Les stationnements dangereux sont l'une des causes majeures d'accidents ciblées par la campagne, aux côtés de l'excès de vitesse, de la conduite en état d'ivresse et du mauvais état technique des véhicules.
La RN3 n'est pas seulement une route : c'est une artère économique vitale pour le Cameroun. Elle facilite les échanges entre les deux principales villes du pays, mais aussi avec les pays voisins comme le Tchad, la Centrafrique ou le Gabon. Les accidents répétés sur cet axe ont donc un coût économique direct, en plus du bilan humain tragique. Chaque heure perdue en bouchons ou en déviations pèse sur la compétitivité des entreprises locales et sur le pouvoir d'achat des ménages.
Le stationnement dangereux est un symptôme d'un problème plus large : l'absence d'infrastructures adaptées. Les aires de stationnement sécurisées sont rares, voire inexistantes, sur la RN3. Les conducteurs, notamment ceux des poids lourds, sont contraints de garer leurs véhicules sur les bas-côtés ou les accotements, souvent mal éclairés. Cette situation reflète un défi infrastructurel qui dépasse le seul cadre de la sécurité routière et interroge les priorités d'investissement public.
La campagne du MINT, bien que nécessaire, ne suffira pas seule : elle doit s'accompagner de mesures structurelles comme la création d'aires de stationnement sécurisées et le renforcement des sanctions contre les contrevenants.
Pour les transporteurs et les entreprises dépendant de la RN3, une route plus sûre signifie moins de retards et de pertes financières liées aux accidents — un enjeu direct pour l'attractivité économique de l'axe Yaoundé-Douala.




