Le 22 juin 2026, Romy Castel a exprimé son désaccord face à la cession des actions détenues par Somdia au sein de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). Cette opposition se situe dans un processus initié par Somdia et encadré par le gouvernement camerounais, qui vise à transférer la participation du groupe français dans l’une des plus grandes entreprises agro-industrielles du pays.
Sosucam, acteur majeur de la filière sucre au Cameroun, appartient à Somdia, filiale du groupe Castel, l’un des plus grands groupes agroalimentaires mondiaux. DF Holding, maison mère du Groupe Castel, supervise les décisions stratégiques du groupe et assure la cohérence de sa gouvernance à l’échelle internationale. La cession envisagée concerne donc des parts détenues par Somdia, qui seraient transférées à de nouveaux investisseurs ou à d’autres entités du groupe.
Romy Castel, fille du fondateur Pierre Castel, avance que la cession menace la stabilité de la filière camerounaise et remet en cause les engagements pris envers les salariés et les communautés locales. Elle invoque également le principe de transparence, rappelant que toute opération de ce type doit être précédée d’une concertation avec les parties prenantes, notamment les autorités camerounaises et les représentants du personnel.
Face à ces accusations, DF Holding et Somdia rétorquent que la décision s’inscrit dans la vision globale du Groupe Castel, qui privilégie une gouvernance rigoureuse et une optimisation des actifs afin de garantir la compétitivité à long terme. Ils soulignent que la cession ne constitue pas une désinvestissement, mais une réorganisation visant à renforcer la chaîne de valeur du sucre, tout en respectant les exigences légales et réglementaires du Cameroun.
Pour les observateurs économiques camerounais, le débat revêt une importance cruciale. La filière sucre emploie plusieurs milliers de travailleurs et représente une part significative des exportations agricoles. Toute modification de la structure actionnariale pourrait impacter les investissements futurs, la capacité de production et la stabilité des prix pour les agriculteurs. Le risque d’une perception d’instabilité pourrait également décourager d’autres capitaux étrangers, à un moment où le pays cherche à diversifier son économie.
Sur le plan politique, le rôle du gouvernement, qui encadre le processus, est scruté de près. Une décision perçue comme imposée sans consultation pourrait alimenter le sentiment d’une gouvernance opaque. À l’inverse, une issue consensuelle renforcerait la confiance dans les institutions camerounaises et montrerait la capacité du pays à gérer des opérations de grande envergure avec transparence.
Les prochains jours seront décisifs. Si Romy Castel parvient à mobiliser un soutien suffisant, la cession pourrait être réévaluée ou conditionnée à des garanties supplémentaires pour les employés et les communautés locales. Dans le cas contraire, DF Holding poursuivra son plan, en s’appuyant sur les cadres de gouvernance du groupe. Quoi qu’il en soit, le dialogue entre les parties devra s’intensifier afin d’éviter une impasse qui risquerait de compromettre l’avenir du secteur sucrier camerounais.




