Onze saisons à l'AS FAR Rabat, dix championnats marocains, neuf Coupes du Trône, deux Ligues des champions africaines : à 26 ans, Sanaâ Mssoudy quitte l'un des plus grands clubs d'Afrique par la grande porte pour rejoindre le FC Fleury 91, en D1 française.
Le contrat, signé pour deux ans et officialisé le 26 août 2026, arrive dans la foulée d'une CAN féminine 2026 réussie pour les Lionnes de l'Atlas, troisièmes au Maroc après une victoire 1-0 en petite finale face à l'Algérie. Mssoudy y avait inscrit l'unique but marocain de la phase de groupes contre l'Algérie, avant d'être suspendue pour le match de la troisième place.
Sacrée meilleure joueuse africaine inter-clubs en 2025, l'attaquante marocaine, capable d'évoluer également en milieu offensif, incarne un profil que les clubs européens recherchent de plus en plus : une polyvalence tactique associée à une expérience continentale de haut niveau. Sa transition n'est pas passée inaperçue en sélection, où sa capitaine Ghizlane Chebbak a publiquement salué ce transfert.
Le mouvement dépasse le seul cas individuel. Longtemps considéré comme un simple réservoir de talents pour l'Europe, le football féminin africain voit désormais ses meilleures joueuses rejoindre des championnats étrangers en pleine possession de leurs moyens, plutôt qu'en dernier recours faute d'opportunités locales.
Pour les Lionnes indomptables camerounaises, finalistes de la CAN 2016 et médaillées de bronze en 2022, l'exemple marocain pose une question directe : combien de temps encore avant qu'un club européen ne vienne chercher, dans les mêmes conditions, l'une de ses propres attaquantes ?




