Le 3 juillet 2026, le reporter camerounais Souley Onohiolo a fait tomber sa barbe et rasé son crâne, un acte qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des médias nationaux.
Depuis le discours de fin d’année du président Paul Biya, où il a promis la formation d’un nouveau gouvernement, Onohiolo s’était engagé à garder sa barbe comme une forme de protestation silencieuse, attendant que les promesses politiques se concrétisent.
Accompagné de membres de sa famille et d’amis proches, le journaliste s’est rendu chez le barbier. Parmi les soutiens, le collègue François Bikoro a salué la « révolte symbolique » de son confrère, soulignant que ce geste avait duré huit mois, depuis le prononcé de la promesse présidentielle.
Sur le fauteuil du barbier, Onohiolo a déclaré mettre fin à sa révolte personnelle, précisant que la coupe était le signe d’une décision prise « sans attendre davantage ». Il a rappelé que son acte visait à rappeler l’attente du peuple camerounais face à un gouvernement qui tarde à se concrétiser.
Ce geste, bien que personnel, résonne au-delà du simple acte de se raser. Il traduit la frustration d’une classe moyenne et d’une presse indépendante qui voient leurs espoirs politiques se diluer dans des promesses non tenues. En transformant son visage en tableau vivant, le journaliste a offert une métaphore visuelle de la stagnation et de la volonté de changement.
Les réactions sont partagées. Certains commentateurs y voient une incitation à la mobilisation citoyenne, d’autres la considèrent comme un simple symbole sans impact concret. Quoi qu’il en soit, le geste rappelle que la parole publique peut parfois se manifester par des actes inattendus, surtout quand les institutions tardent à répondre aux attentes légitimes.
Alors que le nouveau gouvernement promis par le président reste en attente, la coupe d’Onohiolo restera gravée comme une illustration de la tension entre promesse politique et réalité quotidienne. Le journaliste, désormais rasé, porte désormais un autre type de visibilité : celle d’un porte‑parole qui, par un simple rasage, a rappelé à tous que le temps des discours cède la place à l’action.




