Le 25 juin 2026, le Journal du Cameroun a publié les chiffres officiels de la subvention du gaz domestique pour l’année 2025. Le montant total s’élève à 48,96 milliards de FCFA, contre 52,6 milliards en 2024, soit une diminution de 3,64 milliards, équivalente à une régression de -6,92 %. Cette donnée, issue du rapport ministériel, constitue le point de départ d’une réflexion sur les enjeux budgétaires et sociaux du pays.
Pourquoi cette baisse ? Le gouvernement a indiqué que la réduction résulte d’une combinaison de facteurs : la maîtrise progressive des coûts d’importation du gaz, la mise en place de mesures d’efficacité énergétique et le recentrage des dépenses publiques vers d’autres priorités, notamment la santé et l’éducation. En limitant les subventions, l’État cherche à réduire le déficit budgétaire tout en incitant les ménages à adopter des pratiques de consommation plus responsables.
Pour les foyers camerounais, la subvention du gaz domestique représente un filet de sécurité essentiel. En 2025, malgré la baisse, le soutien demeure l’un des plus importants du secteur énergétique, assurant l’accès à une énergie propre à des prix abordables. Les ménages à faibles revenus, qui représentent près de 40 % de la population, dépendent fortement de cette aide pour cuisiner et se chauffer, surtout dans les zones rurales où l’électricité reste intermittente.
La contraction de la subvention a toutefois des répercussions concrètes. Certains consommateurs signalent une hausse du prix du gaz dans les points de vente, ce qui peut pousser les ménages à recourir à des combustibles moins chers mais plus polluants, comme le charbon de bois. Cette dynamique risque d’alimenter la déforestation et de compromettre les objectifs de lutte contre le changement climatique que le Cameroun s’est engagé à atteindre d’ici 2030.
Du point de vue macroéconomique, la réduction de 3,64 milliards de FCFA libère des ressources qui peuvent être redirigées vers des projets d’infrastructure ou des programmes sociaux. Le ministère des Finances a évoqué la possibilité d’investir ces économies dans le renforcement du réseau électrique national, afin de garantir une alimentation plus stable et de réduire la dépendance au gaz domestique. Un tel virage pourrait, à moyen terme, améliorer la compétitivité du pays et favoriser la création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables.
Les acteurs du secteur privé, notamment les distributeurs de gaz et les fabricants d’appareils, observent avec attention ces évolutions. Certains plaident pour une coopération accrue avec l’État afin de développer des solutions de stockage et de distribution plus efficientes, qui pourraient compenser la diminution de la subvention sans pénaliser les consommateurs. D’autres soulignent la nécessité d’une communication claire afin d’éviter les malentendus et les tensions sociales.
En définitive, la baisse de la subvention du gaz domestique en 2025 ouvre la porte à un débat plus large sur la gestion des ressources publiques et la transition énergétique du Cameroun. Si la réduction budgétaire vise à renforcer la discipline financière, elle impose également aux autorités de veiller à ce que les ménages les plus vulnérables ne soient pas laissés pour compte. Le défi sera de concilier économies d’État et accès équitable à une énergie propre, condition indispensable au bien‑être et au développement durable du pays.




