Le mardi 23 juin 2026, à Douala, le président national du Syndicat des journalistes indépendants du Cameroun (SYNAJIC) a publié un communiqué virulent, réclamant la libération immédiate de Jean Pierre Amougou Belinga, incarcéré depuis plusieurs années dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du journaliste Martinez Zogo.
L’affaire, qui a secoué le paysage médiatique camerounais depuis le 2022, voit le nom d’Amougou Belinga, ancien ministre, lié à la mort de Martinez Zogo, un journaliste d’investigation. Son maintien en détention a été perçu comme un symbole de la lenteur de la justice et de la persistance d’une détention arbitraire aux yeux de la communauté journalistique.
Le lundi 22 juin, l’expert judiciaire assermenté Georges Bell Bitsoka s’est présenté devant le tribunal militaire de Yaoundé et a déclaré n’avoir trouvé aucune preuve incriminante après avoir récupéré les messages supprimés échangés entre Justin Danwe et Amougou Belinga. Cette première expertise a jeté un doute sérieux sur la solidité du dossier présenté contre l’ancien ministre.
Le mardi suivant, le même jour que le communiqué du SYNAJIC, les conclusions de l’expertise de Bitsoka ont été confirmées par un second expert judiciaire assermenté. Jean Pierre Oloumou a été sollicité pour réaliser une deuxième analyse, renforçant ainsi la légitimité de la constatation d’absence de preuves tangibles liant Amougou Belinga à l’assassinat de Martinez Zogo.
« Le SYNAJIC dénonce la détention arbitraire et demande la libération de Jean Pierre Amougou Belinga s’il n’y a pas de preuves contre lui », lit-on dans le communiqué. Le syndicat, qui représente les journalistes indépendants, rappelle que la liberté de la presse ne peut être garantie tant que des figures politiques restent emprisonnées sans charge clairement établie.
Cette revendication revêt une importance capitale pour le Cameroun. D’une part, elle met en lumière la tension entre le pouvoir judiciaire et les acteurs politiques, d’autre part, elle souligne le rôle crucial des médias dans la surveillance de la justice. La libération éventuelle d’Amougou Belinga pourrait être perçue comme un geste de bonne volonté, apaisant les inquiétudes d’une profession qui craint la répression.
Le tribunal militaire poursuit son examen des témoignages, et la prochaine audience pourrait déterminer si d’autres pièces du puzzle seront présentées. Si les investigations confirment l’absence de lien, la pression exercée par le SYNAJIC et la société civile pourrait accélérer la décision de libération, renforçant la crédibilité du système judiciaire aux yeux des Camerounais.
Dans l’attente de la suite, le SYNAJIC reste vigilant, rappelant que chaque jour de détention injustifiée alimente le sentiment d’impunité. Le sort d’Amougou Belinga devient ainsi un baromètre de la capacité du Cameroun à concilier justice, transparence et liberté de la presse, deux piliers indispensables à la stabilité démocratique du pays.




