Le 4 août 2018, le comité de normalisation de la FECAFOOT, présidé par Dieudonné Happy, a annoncé la nomination du tandem néerlandais Clarence Seedorf et Patrick Kluivert à la tête des Lions Indomptables, en remplacement de Hugo Broos. Cette décision, inattendue pour les supporters, visait à préparer le Cameroun à la CAN 2019 en Égypte, après la surprise de 2017 où Broos avait offert une campagne inespérée au Gabon.
Hugo Broos, le technicien belge, était encore dans les mémoires comme l’homme qui avait mené les Lions à la conquête du titre continental en 2017. Son départ a créé un vide d’attentes : les supporters espéraient que les deux Hollandais, forts de leurs expériences de haut niveau, sauraient capitaliser sur le talent du groupe et défendre le sacre obtenu deux ans plus tôt.
Seedorf, ancien milieu de terrain au sommet du football mondial, a justifié sa légitimité par son passé glorieux. Avec Kluivert, ils ont présenté un projet ambitieux, promettant une transition fluide vers la CAN 2019. Le duo a d’abord observé les joueurs, sélectionné l’effectif et instauré une nouvelle philosophie de jeu, tout en conservant les bases posées par Broos.
La réalité a rapidement dérapé. Au stade de groupe, le Cameroun n’a récolté qu’une victoire et deux matchs nuls, totalisant quatre buts marqués et trois encaissés. Le bilan, déjà peu reluisant, s’est soldé par une élimination aux huitièmes de finale contre le Nigeria, sur le score de 3‑2. Le titre de champion, arraché il y a seulement deux ans, n’a pu être défendu, plongeant les supporters dans la désillusion.
Karl Toko Ekambi, qui a vécu cette expédition, a qualifié Clarence Seedorf de « pire entraîneur de ma carrière ». Pour le jeune attaquant, il ne s’agit pas seulement d’une critique technique, mais d’une expérience globale décevante. « Ce n’était pas le pire en tant qu’entraîneur, mais la pire expérience en globalité », a-t-il déclaré, soulignant le manque de cohérence et la rupture avec la dynamique instaurée par Broos.
Pourquoi ce fiasco ? Le passage brutal d’un entraîneur belge à un duo néerlandais a créé un choc culturel et tactique. Les joueurs, habitués à la méthode de Broos, se sont retrouvés face à des exigences différentes, sans le temps d’ajuster leurs repères. Le manque de continuité a fragilisé la cohésion du groupe, tandis que la pression de défendre le titre a amplifié les tensions. Le résultat : une campagne qui a laissé le pays en quête de réponses et la fédération sous le feu des critiques.
Pour les supporters camerounais, la leçon est claire : la stabilité et la connaissance du contexte local restent des piliers essentiels du succès. Le revers de Seedorf‑Kluivert rappelle que le prestige d’un passé de joueur ne suffit pas à garantir une transition réussie à la tête d’une sélection nationale. La FECAFOOT devra désormais réévaluer ses critères de nomination, en privilégiant la continuité et l’adaptation culturelle, afin de préparer des campagnes futures qui répondent aux attentes d’une nation passionnée.




