Le 24 juin 2026, Human Rights Watch publie un rapport qui jette un éclairage brutal sur la politique de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun. Depuis 2011, le pays s’était engagé à réduire de moitié ces violences d’ici 2026, un objectif qui devait marquer une avancée décisive pour la sécurité et le bien‑être des femmes camerounaises.
Cette promesse, inscrite dans la feuille de route nationale, reposait sur un ensemble de mesures : renforcement du cadre législatif, création de centres d’accueil, formation des forces de l’ordre et allocation de ressources budgétaires spécifiques. L’idée était d’établir un filet de protection capable d’intervenir rapidement et d’assurer la prévention à long terme.
Quinze ans plus tard, le rapport de HRW conclut que le gouvernement n’a pas pu tenir ses engagements. Les auteurs dénoncent un manque de financement réel, une application inégale des lois existantes et une absence de données fiables pour mesurer les progrès. Sans ces piliers, les mécanismes de protection restent fragiles et les victimes continuent de se heurter à des obstacles institutionnels.
Pour les femmes et les filles, le constat se traduit par une persistance alarmante des violences domestiques, sexuelles et économiques. Au-delà du traumatisme individuel, ces violences freinent la participation des femmes au marché du travail, à la vie civique et à l’éducation, aggravant ainsi les inégalités de genre déjà présentes dans la société camerounaise.
Politiquement, le constat de HRW alimente le débat public à l’approche des élections de 2025. Les organisations de la société civile, déjà actives dans la défense des droits des femmes, intensifient leurs appels à la transparence et à la reddition de comptes. Le gouvernement se retrouve sous le feu des critiques, tant au niveau national qu’international, ce qui pourrait influencer la perception des électeurs sur la capacité de l’État à protéger ses citoyennes.
Le rapport propose une série de recommandations concrètes : renforcer le code pénal en y intégrant des sanctions plus dissuasives, garantir un budget dédié aux services d’assistance aux victimes, améliorer la formation des policiers et des magistrats, et mettre en place un système national de collecte de données. Ces mesures visent à combler les lacunes identifiées et à créer un environnement où chaque femme peut vivre sans crainte de violence.
L’avenir reste incertain, mais le signal envoyé par Human Rights Watch crée une pression supplémentaire pour que le Cameroun réponde à ses obligations. La communauté internationale, les bailleurs de fonds et les partenaires régionaux sont appelés à soutenir les réformes nécessaires. Si les engagements de 2011 sont enfin traduits en actions tangibles, la société camerounaise pourrait voir naître une dynamique de changement durable, où la sécurité des femmes devient une priorité nationale incontestable.




