LLV LE MAG
Cameroun·Économie·12 juil. 2026, 14:25

Viviane Ondoua Biwolé dénonce le parachutage administratif à la tête de Sonatrel

Le professeur Viviane Ondoua Biwolé critique la nomination d’un préfet à la direction de Sonatrel, soulignant l’inadéquation entre les exigences techniques d’une entreprise d’électricité et le profil d’un administrateur civil.

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Illustration éditoriale pour Viviane Ondoua Biwolé dénonce le parachutage administratif à la tête de Sonatrel

Le 12 juillet 2026, lors de l’émission "Club d’Élites" diffusée sur Vision 4, le professeur Viviane Ondoua Biwolé, experte reconnue en gouvernance publique, a tiré la sonnette d’alarme sur la gestion des entreprises publiques camerounaises, en pointant du doigt la récente nomination à la tête de Sonatrel.

Dans son analyse, elle met en cause le manque de correspondance entre le profil des dirigeants nommés et les exigences techniques propres à des structures stratégiques comme le réseau national de transport d’électricité. Selon elle, placer un fonctionnaire dont le parcours repose exclusivement sur la préfectorale ne peut garantir la rentabilité d’une telle entité.

"On ne peut pas passer de préfet à directeur général de Sonatrel et attendre que l’entreprise soit rentable. Ce n’est pas possible. On n’est pas préparé. Quelqu’un qui a fait la préfectorale toute sa vie, on ne peut pas lui demander d’occuper ce poste. C’est le mettre même en difficulté. Si vous prenez sept ans pour former un médecin, je ne sais pas pourquoi vous pensez que gérer une entreprise c’est spontané, c’est intuitif. Ce n’est pas intuitif", a déclaré le professeur Biwolé, rappelant l’écart entre la formation d’un médecin et la prise de fonctions d’un directeur général.

Pour elle, la gestion d’un réseau électrique national requiert des compétences pointues en ingénierie énergétique, en planification industrielle et en finance d’entreprise. Le métier de préfet, quant à lui, se concentre sur le commandement territorial et le maintien de l’ordre public, des missions qui ne préparent pas à la conduite d’une société industrielle complexe. Cette inadéquation technique, selon l’experte, constitue le premier des trois problèmes majeurs qu’elle a identifiés.

L’impact de ce choix de leadership se répercute directement sur les usagers. Une direction dépourvue de la maîtrise technique nécessaire risque d’allonger les délais de maintenance, d’augmenter les pertes d’énergie et de compromettre la stabilité du réseau. Dans un pays où l’accès à l’électricité demeure un enjeu crucial pour le développement économique et social, chaque dysfonctionnement se traduit par des coupures qui affectent les ménages, les entreprises et les services publics.

Au-delà du cas de Sonatrel, le professeur Biwolé souligne que le phénomène du parachutage d’administrateurs civils à la tête d’entités stratégiques est symptomatique d’une culture de nomination qui privilégie la loyauté politique au détriment de la compétence technique. Elle avertit que cette pratique, si elle persiste, pourrait éroder la confiance des investisseurs et freiner les réformes nécessaires à la modernisation du secteur public camerounais.

Alors que les débats sur la réforme de la gouvernance des entreprises publiques s’intensifient, la voix de Viviane Ondoua Biwolé rappelle que la performance d’infrastructures vitales comme Sonatrel dépend avant tout d’une expertise adaptée. Le pays attend désormais des réponses concrètes, afin que les nominations futures s’appuient sur des critères techniques rigoureux, garantissant ainsi la pérennité des services essentiels pour les Camerounais.

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