Le 3 juillet 2026, les autorités camerounaises ont brandi un ultimatum qui pourrait mettre fin à l’un des fléaux les plus tenaces du pays : le whisky en sachet. Ce produit, vendu dans des emballages souples à bas prix, a longtemps échappé à la régulation, au point de devenir un véritable symptôme d’une consommation d’alcool incontrôlée.
Le whisky en sachet, une liqueur fortement alcoolisée, a d’abord été interdit en 2014. Malgré la décision, les bouteilles en plastique continuent d’alimenter les étals du Marché Mboppi à Douala et d’autres zones populaires. Son prix dérisoire séduit surtout les jeunes et les ménages à faibles revenus, qui y voient une alternative économique aux spiritueux classiques.
C’est lors d’une descente sur un site clandestin démantelé à Douala que le ministre intérimaire, Fuh Calistus Gentry, a annoncé le 18 décembre 2026 comme date butoir. Les producteurs illégaux doivent soit se mettre en conformité avec la législation, soit abandonner leurs activités. L’annonce a été faite sous le regard attentif des médias locaux, soulignant la volonté du gouvernement de ne plus tolérer ce commerce informel.
Les drames tragiques survenus à Nkongsamba et Bangangté, où des intoxications mortelles ont été attribuées à ce breuvage, ont renforcé la détermination des autorités. Ces incidents, bien que non détaillés, illustrent le danger que représente le whisky en sachet pour la santé publique et la sécurité des familles camerounaises.
Le gouvernement justifie cet ultimatum par plusieurs raisons : la protection de la santé des citoyens, la lutte contre le marché noir et la préservation de l’ordre économique. En effet, la production non contrôlée empêche les recettes fiscales et favorise le financement d’activités illicites, tout en exposant les consommateurs à des produits de qualité douteuse.
À l’horizon décembre 2026, les producteurs devront choisir entre la régularisation – avec les exigences de licences, de contrôles de qualité et de traçabilité – ou la fermeture définitive de leurs ateliers. Cette mesure devrait réduire la disponibilité du whisky en sachet, forçant les consommateurs à se tourner vers des alternatives légales, plus sûres et soumises à la surveillance de l’État.
Les prochains mois seront décisifs. Le succès de l’ultimatum dépendra de la capacité des forces de l’ordre à identifier les réseaux clandestins et de la volonté des autorités à offrir des solutions de rechange aux populations les plus vulnérables. Une campagne de sensibilisation, conjuguée à un renforcement des contrôles, pourrait transformer ce problème de santé publique en une opportunité de modernisation du secteur des boissons alcoolisées au Cameroun.




