Les 25 et 26 juin 2026, la capitale camerounaise a vibré au rythme d’une retraite stratégique : le Groupe thématique Genre (GTG) du Système des Nations Unies s’est installé dans les locaux d’ONU Femmes, au cœur même du dispositif dédié à la promotion des droits des femmes.
Réunis sous la même bannière, les membres du GTG ont d’abord passé en revue l’ensemble des initiatives menées l’an passé, évaluant les avancées et les obstacles rencontrés dans la mise en œuvre des programmes de genre à travers le pays.
Fort de ce diagnostic, le groupe a fixé pour 2026 une série de priorités claires : renforcer l’intégration de l’égalité de genre dans les politiques publiques, garantir que chaque intervention humanitaire prenne en compte les besoins spécifiques des femmes et des filles, et consolider les mécanismes de suivi et d’évaluation afin d’assurer la transparence des résultats.
Pourquoi cette coordination revêt‑elle une telle importance pour le Cameroun ? Parce que les disparités entre les sexes persistent dans de nombreux secteurs – santé, éducation, accès aux ressources – et qu’une approche intégrée permet de transformer ces inégalités en leviers de développement durable.
Sur le plan des politiques publiques, l’impulsion du GTG devrait inciter les ministères à inscrire des indicateurs de genre dans leurs programmes, à allouer des budgets dédiés et à former les décideurs à une lecture sensible aux enjeux féminins. Une telle démarche promet d’ancrer la dimension genre au cœur même de la planification nationale.
Dans le champ humanitaire, les agences onusiennes et leurs partenaires locaux seront appelés à revoir leurs cahiers des charges, à garantir la participation effective des femmes aux projets de secours et à adapter les critères d’aide aux réalités vécues par les communautés féminines, surtout en zones de conflit ou de crise alimentaire.
Néanmoins, le chemin reste semé d’obstacles : le manque de données fiables, les contraintes budgétaires et les résistances culturelles peuvent freiner la mise en œuvre des engagements pris. Le GTG devra donc miser sur la formation, le dialogue inter‑institutionnel et le renforcement des capacités locales pour dépasser ces défis.
Les prochains mois seront cruciaux. Le groupe a annoncé la mise en place d’un tableau de bord national, la diffusion de guides méthodologiques pour les acteurs publics et la tenue de consultations régulières avec la société civile. Le suivi de ces actions constituera le baromètre de la réussite de la stratégie 2026.
En définitive, la retraite de Yaoundé marque plus qu’une simple réunion de fonctionnaires : elle représente une volonté collective de placer l’égalité de genre au centre du développement camerounais, avec l’espoir que chaque décision, chaque budget, chaque programme humanitaire reflète cette ambition.




