« Certain que quatre ou cinq joueurs qui étaient titulaires pour Didier quitteront l'équipe pour laisser place à une nouvelle philosophie. » La formule est signée Marcel Desailly, interrogé par Flashscore à l'approche d'un rendez-vous que tout le football français attend : la première liste de Zinédine Zidane à la tête des Bleus.
Nommé sélectionneur le 28 juillet 2026 pour succéder à Didier Deschamps, Zidane doit dévoiler cette liste inaugurale le vendredi 18 septembre à 18 heures, lors d'une conférence de presse au siège de la Fédération française de football — une date décalée d'un jour par rapport à l'annonce initiale du 17 septembre. C'est dans ce document que se liront les premiers écartés de l'ère post-Deschamps.
Pour Desailly, ce ne sera pas un simple ajustement d'effectif. Selon l'ancien capitaine des Bleus, Zidane « va vraiment essayer d'effacer la philosophie que Didier a instaurée pour imposer la sienne ». L'ex-défenseur n'a cité aucun nom, mais le message est clair : le changement de sélectionneur s'annonce aussi comme un changement de doctrine.
Les deux hommes n'ont, il est vrai, jamais construit le même football. Deschamps a bâti douze ans de résultats sur un socle défensif, une hiérarchie stable et une lecture pragmatique des matchs. Zidane, façonné par ses années au Real Madrid, est associé à une identité plus offensive et à une confiance affichée envers les joueurs de percussion. La liste du 18 septembre dira concrètement lesquels des cadres de la fin de règne Deschamps entrent dans ce nouveau projet — et lesquels en sortent.
Le calendrier ne lui laissera aucun round d'observation. Le premier rassemblement est fixé au 21 septembre, avant un groupe de Ligue des Nations relevé face à l'Italie, la Belgique et la Turquie : déplacement à Izmit le 25 septembre, puis en Belgique le 28, avant deux réceptions au Stade de France — l'Italie le 2 octobre, la Belgique le 5. Les deux dernières journées se disputeront à la mi-novembre, et seuls les deux premiers de chaque groupe accéderont aux quarts de finale, programmés les 25 et 30 mars 2027.
Sur l'identité précise des « victimes » de la transition, la prudence reste de mise : plusieurs noms circulent dans la presse française, aucun n'est confirmé, et Desailly lui-même s'en est tenu à un ordre de grandeur plutôt qu'à une liste. La réponse définitive tombera le 18 septembre, document en main.
Ce type de recomposition dépasse largement les frontières hexagonales. Un changement de sélectionneur en équipe de France rebat systématiquement les cartes pour toute une frange de binationaux formés en Ligue 1 : ceux que Deschamps n'appelait jamais peuvent y voir une fenêtre s'ouvrir, ceux qu'il installait un risque inédit. Chaque transition passée chez les Bleus a fini par ouvrir la porte à des profils neufs — et refermer celle d'internationaux qu'on croyait, à tort, indéboulonnables.




