23 journalistes et communicateurs burkinabè conviés à Beijing pour une session de formation du 8 au 27 août 2026 : voilà l'un des angles concrets du 7e Forum des médias sino-africains, plateforme annuelle qui, depuis 2012, structure les liens entre médias et acteurs technologiques des deux continents.
Le Burkina Faso y était représenté par une délégation conduite par le ministre de la Communication, Pengdwendé Gilbert Ouédraogo. Réunis à Beijing du 19 au 21 août 2026, les participants ont concentré leurs discussions sur trois axes : intelligence artificielle, infrastructures numériques et innovation des contenus médiatiques.
Le message central du forum n'a rien de nouveau mais gagne en urgence chaque année : l'autonomie technologique de l'Afrique face à sa dépendance aux plateformes occidentales. Pour Pékin, déjà partenaire majeur du continent en matière d'infrastructures — fibre optique, data centers —, ce forum est aussi une manière de consolider son influence médiatique face à une concurrence croissante des États-Unis et de l'Union européenne.
L'équation reste la même pour les pays africains présents : profiter de technologies de pointe et de formations professionnelles sans pour autant sacrifier leur souveraineté sur les données ni la neutralité de leurs partenariats, dans un contexte géopolitique où chaque grande puissance courtise le continent à sa manière.
Pour le Cameroun et l'Afrique francophone, largement absents de cette édition burkinabè, l'enjeu reste transposable : la digitalisation des médias publics et privés, potentiellement soutenue par des financements chinois pour la 5G ou des hubs technologiques régionaux, à condition que ces investissements restent alignés sur les priorités nationales plutôt que sur les seuls intérêts du bailleur.




