Il fut un temps où la question agitait les débats camerounais : qui, de Baleba, Zambo Anguissa, Hongla ou Eto'o, devait porter l'entrejeu des Lions Indomptables ? Depuis l'arrivée de David Pagou sur le banc, en remplacement du Belge Marc Brys quelques semaines avant la CAN 2025, la question s'est en grande partie réglée sur le terrain plutôt que dans les commentaires.
Carlos Baleba, 22 ans, a changé de dimension cet été en s'engageant avec Manchester United contre un chèque de 65 millions de livres, plus 5 millions de bonus potentiels — un contrat de cinq ans, avec option pour une sixième année. André-Frank Zambo Anguissa, de son côté, reste une valeur sûre à Naples : Antonio Conte négocierait une prolongation de trois années supplémentaires, malgré une concurrence accrue au milieu de terrain napolitain. Martin Hongla, enfin, a rejoint définitivement l'Aris Thessalonique en Grèce au 1er juillet, après un prêt convaincant de six mois qui a poussé le club à lever l'option d'achat — son passage par l'Hellas Vérone appartient désormais au passé.
Reste James Eto'o — et c'est peut-être lui qui a le plus progressé ces derniers mois. À 25 ans, le milieu du CSKA Sofia, prolongé jusqu'en 2029, caracole en tête des passeurs du championnat bulgare cette saison, avec déjà 4 buts et 8 passes décisives à son compteur. Loin de se contenter d'un rôle de doublure, il incarne une option offensive que Baleba et Zambo Anguissa, davantage tournés vers la récupération, n'apportent pas naturellement à l'entrejeu camerounais. Sa première sélection, honorée en juin 2025 face à l'Ouganda, n'était qu'un début : la régularité qu'il affiche à Sofia plaide chaque semaine un peu plus pour un rôle élargi sous le maillot national.
Ce que cette hiérarchie donne à voir, c'est un entrejeu enfin structuré par la complémentarité plutôt que par la seule notoriété des noms : la percussion de Baleba, l'impact physique de Zambo Anguissa, l'équilibre apporté par Hongla — et la créativité d'Eto'o en réserve, prête à être activée dès qu'un match l'exige. Une profondeur de banc que peu de sélections africaines peuvent revendiquer à ce poste.
Pour Pagou, l'enjeu n'est donc plus de trouver un équilibre — il existe déjà — mais de décider quand et comment intégrer davantage un James Eto'o en état de grâce, sans déséquilibrer un dispositif qui, pour l'instant, fonctionne. Une question de confort plutôt que de nécessité : le genre de problème qu'une sélection rêve d'avoir.




