De directrice générale des élections à ministre de l'Administration territoriale : la promotion de Djenabou Touré, actée par décret présidentiel le 27 juillet 2026 et effective le 31 juillet à Conakry, récompense la femme qui a supervisé le scrutin ayant permis à Mamadi Doumbouya d'obtenir sa légitimité électorale.
Depuis le coup d'État de septembre 2021, la Guinée cherchait un moyen de sortir de la gestion strictement militaire. L'élection présidentielle du 28 octobre 2024, controversée mais menée à terme, a offert cette légitimité à Doumbouya — un scrutin dont Djenabou Touré, alors directrice générale des élections, a été l'une des architectes techniques.
Le ministère qu'elle dirige désormais n'a rien d'anodin : il supervise à la fois l'organisation des élections et la gestion des collectivités locales. Le Premier ministre Amadou Oury Bah, qui fut directeur de campagne de Doumbouya lors de la présidentielle, a lui aussi été maintenu à son poste lors de ce même remaniement — signe d'une équipe resserrée autour des artisans de la victoire électorale de 2024.
« Je viens non pas pour commander, mais pour servir », a déclaré Djenabou Touré lors de sa prise de fonction, promettant une gouvernance de proximité fondée sur l'écoute et le dialogue. Des mots qui prennent un relief particulier compte tenu de la charte de transition de 2021, qui interdisait initialement aux figures du régime de se présenter aux élections — une règle contournée par plusieurs fidèles de Doumbouya en vue des scrutins locaux prévus en 2025.
Pour les observateurs de la diaspora guinéenne, cette nomination pose une question simple mais lourde de conséquences : placer une technicienne du processus électoral à la tête de l'administration qui organisera les prochains scrutins locaux et législatifs facilite-t-il une transition démocratique, ou verrouille-t-il un peu plus le contrôle du pouvoir en place sur le calendrier électoral à venir ?




