Le monde entre dans une ère de compétition géoéconomique sans précédent. C'est le constat du Global Risks Report 2026 du World Economic Forum (WEF), publié en janvier, qui s'appuie sur les réponses de plus de 1 300 experts internationaux et pointe un recul de la coopération mondiale au profit de tensions commerciales, diplomatiques et militaires croissantes.
La confrontation géoéconomique arrive en tête du classement 2026, suivie du conflit interétatique, des événements climatiques extrêmes, de la polarisation sociétale et de la désinformation. Sur le long terme — à horizon dix ans —, ce sont les risques environnementaux qui dominent, avec les événements climatiques extrêmes en tête.
Pour l'Afrique, ces dynamiques globales se traduisent par des vulnérabilités spécifiques : dépendance aux exportations de minerais critiques (cobalt, lithium, terres rares) et fragilité monétaire, notamment pour les pays de la zone franc CFA. La course mondiale aux minerais critiques risque de transformer plusieurs pays africains en terrains de pressions commerciales, voire militaires — le cobalt du Lualaba (RDC) et le lithium du Zimbabwe sont déjà au cœur de rivalités géopolitiques marquées.
Les événements climatiques extrêmes agissent comme des multiplicateurs de vulnérabilités pour des systèmes alimentaires et urbains africains déjà sous tension, avec un risque de répercussions en cascade sur la stabilité politique et sociale. La désinformation, également classée parmi les risques majeurs, amplifie ces tensions en sapant la confiance dans les institutions.
Pour le Cameroun et l'Afrique centrale, l'enjeu est double : valoriser des ressources minières recherchées par la transition énergétique mondiale, sans se retrouver marginalisés si les puissances industrielles optent pour des stratégies de contrôle direct. Une régulation africaine coordonnée, portée par l'Union africaine ou la Zone de libre-échange continentale (ZLECAf), devient urgente pour éviter une exploitation déséquilibrée de ces ressources.




