Nollywood, deuxième industrie cinématographique mondiale avec environ 2 500 films et séries produits par an, est connue pour ses productions dramatiques au ton théâtral. Le genre de la science-fiction, lui, y était quasi absent jusqu'à récemment : le premier long métrage nigérian du genre, *Ratnik*, réalisé par Dimeji Ajibola, n'est sorti qu'en 2023.
Ce qui change la donne, c'est l'afro-futurisme — ce mouvement qui mélange tradition africaine et science-fiction, défini par l'autrice nigériane Nnedi Okorafor — combiné à l'accès à des outils d'IA générative qui permettent de produire des images ambitieuses sans budgets hollywoodiens.
Le court métrage *Ogun Ola: the war is coming*, réalisé par le collectif The Critics, met en scène un adolescent doté des pouvoirs d'une divinité Yoruba. Divine Xaendra Odera, diplômée en art théâtral, produit et monte ses propres réalisations avec des logiciels gratuits et des moyens limités. Autant de signes qu'une génération de cinéastes nigérians raconte désormais des histoires africaines avec une esthétique futuriste, sans renier leurs racines culturelles.
Pour le Cameroun et l'Afrique francophone, cette dynamique nigériane trace une voie concrète : l'IA générative abaisse la barrière à l'entrée pour de jeunes réalisateurs qui, jusqu'ici, ne pouvaient tout simplement pas financer ce genre de production.




