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Afrique·Tech & IA·19 août 2026, 06:59

Afrique centrale : les artistes musicaux survivent grâce aux bars-dancings

En Centrafrique et au Tchad, les musiciens dépendent des prestations en direct pour subsister. Les droits d’auteur restent quasi inexistants, poussant les artistes à multiplier les concerts dans des conditions précaires.

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Illustration éditoriale pour Afrique centrale : les artistes musicaux survivent grâce aux bars-dancings

Entre 150 et 500 francs CFA — moins d'un euro — pour sept heures de concert dans un orchestre : voilà ce que touchait Ozaguin, artiste centrafricain, au début de sa carrière. Une réalité qui résume, mieux que n'importe quelle statistique, l'état de l'industrie musicale en Afrique centrale.

Contrairement à l'Afrique de l'Ouest ou l'Afrique du Sud, où streams, concerts et droits d'auteur cumulés génèrent des revenus significatifs, les artistes centrafricains et tchadiens restent cantonnés à un modèle quasi artisanal. En Centrafrique, les droits d'auteur sont quasi inexistants, selon le promoteur culturel Alex Ballu — laissant les bars-dancings et les événements officiels comme principales sources de revenus pour des musiciens comme Ozaguin.

Au Tchad, la situation n'est guère plus enviable : faible pouvoir d'achat, consommation culturelle limitée. Le festival NdjamVi, porté par Manassé Nguinambaye Ndoa, tente d'offrir une vitrine aux artistes locaux, mais se heurte à des budgets restreints qui limitent structurellement son impact.

Ces conditions de travail précaires — rémunérations dérisoires, horaires à rallonge, absence totale de protection sociale — freinent l'émergence de carrières durables. Les festivals locaux, comme le Tî-Ï Festival en Centrafrique, tentent de pallier ces lacunes, mais ne peuvent, à eux seuls, compenser l'absence de mécanismes de collecte des droits d'auteur.

Pour le Cameroun et ses voisins, mieux lotis mais pas à l'abri d'une dépendance excessive aux concerts locaux, cette précarité centrafricaine et tchadienne vaut leçon : sans société de gestion collective effective ni partenariats avec les plateformes de streaming, même une scène musicale plus structurée reste à la merci d'un marché qui ne rémunère que la scène, jamais l'œuvre.

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