Cinq titres, un seul Top 10, zéro visage identifié. Voilà le paradoxe que l'artiste camerounais Babal a imposé à la scène musicale locale depuis juillet 2026, lorsque son EP B.A.B.A.L.png a placé simultanément cinq morceaux dans le classement Apple Music Cameroun, dont le single TROBU.png en première position.
La performance a de quoi surprendre pour un nom encore inconnu quelques semaines plus tôt. Elle a suffi à reléguer derrière lui des poids lourds du continent comme Fally Ipupa, Asake ou Himra sur cette plateforme, une rareté pour un artiste camerounais émergent face à des catalogues internationaux installés.
L'identité visuelle de Babal tient justement à cette absence d'identité classique. Ses morceaux portent des noms d'extensions informatiques — TROBU.png, CTRL+Z.ppt, ou encore Syndrome du sauveur.rare — qui composent une esthétique geek assumée, loin des codes habituels de l'urban camerounais. L'artiste n'a communiqué ni son vrai nom, ni son âge, ni sa ville d'origine.
Ce flou a été comblé par les réseaux sociaux plutôt que par l'artiste lui-même. Des figures influentes comme Coco Emilia, Rosine Ngeumgaing ou Céleste Victorien ont largement relayé ses titres, amplifiant un bouche-à-oreille numérique qui a précédé toute apparition publique.
Babal a fini par se montrer sur scène, sans pour autant lever le voile sur son parcours : d'abord au Berry Boys Club à Douala en juin, puis au concert de Mimie au Palais des Congrès de Yaoundé le 25 juillet, et enfin aux côtés de DOPELYM sur l'esplanade de l'Hôtel de ville le 1er août. Des passages qui confirment son existence physique, sans répondre aux questions sur son identité.
Le mystère a même nourri une rumeur tenace : celle d'une production entièrement générée par intelligence artificielle. Les organisateurs de ses concerts et les témoins de ses prestations live la démentent, mais le doute persiste dans les commentaires, signe qu'à l'ère du streaming, la question de l'authenticité d'un artiste peut peser autant que sa musique elle-même.




