Un courrier daté du 31 juillet 2026, adressé par la Fédération guinéenne de football à son homologue sénégalaise : voilà l'acte fondateur d'une alliance qui pourrait redessiner la carte des candidatures africaines aux grandes compétitions. La Guinée y propose une co-organisation de la CAN avec le Sénégal, mettant en avant la proximité géographique entre Conakry et Dakar ainsi que leurs liens historiques.
Le contexte explique l'urgence guinéenne. Après avoir perdu l'organisation de la CAN 2025, la Guinée cherche à sécuriser sa place dans le paysage footballistique continental. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a personnellement entériné la candidature de son pays pour l'organisation des éditions 2032 et 2036 de la Coupe d'Afrique des Nations — une démarche officielle, portée au plus haut niveau de l'État.
Le choix du Sénégal comme partenaire n'a rien d'un hasard : le pays dispose d'un parc sportif largement modernisé grâce aux investissements consentis pour les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. Pour la Guinée, s'associer à ces infrastructures existantes reviendrait à combler d'un coup ses propres lacunes logistiques.
La concurrence, elle, s'organise déjà ailleurs : le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont manifesté leur intention de présenter une candidature commune sous la bannière de l'Alliance des États du Sahel pour 2032, preuve que les co-organisations deviennent la norme plutôt que l'exception dans un tournoi dont les exigences en infrastructures ne cessent de grimper.
Reste à savoir si Dakar accueillera favorablement la proposition guinéenne. Le Sénégal, qui a lui-même affiché ses ambitions pour 2032 dès mai dernier par la voix de son ex-ministre des Sports Khady Diène Gaye, pourrait tout aussi bien préférer porter seul un dossier que ses infrastructures rendent déjà crédible.




