La Coupe d’Afrique des nations féminine (CAN) est un événement majeur pour le développement du football féminin sur le continent. Après trois éditions consécutives organisées par le Maroc (2022, 2024 et 2026), la question de la succession se pose avec acuité. Le football féminin africain, bien que en pleine croissance, reste confronté à des défis logistiques et financiers qui influencent directement le calendrier et l’organisation des compétitions.
Le sacre du Cameroun en 2026 représente une avancée majeure pour le football féminin africain, mais la CAF reste encore indécise sur sa stratégie. Contrairement à la CAN masculine, qui passera à un cycle quadriennal à partir de 2028, la compétition féminine n’a pas encore clarifié son calendrier, ce qui pourrait freiner son développement.
Le Cameroun a remporté la CAN féminine 2026 en battant le Malawi 3-0 en finale à Rabat. La CAF n’a pas encore communiqué la date ni le pays hôte de la prochaine édition de la CAN féminine. La prochaine édition devrait logiquement avoir lieu en 2028, mais cela n’a pas été officialisé. Le Maroc a organisé les trois dernières éditions de la CAN féminine (2022, 2024 et 2026). Fouzi Lekjaa, président de la Fédération marocaine de football, a annoncé que le Maroc ne déposera plus de candidature pour organiser des compétitions africaines à l’avenir. L’Afrique du Sud est considérée comme le favori pour organiser la prochaine CAN féminine.
Le flou entourant la prochaine CAN féminine reflète les défis structurels auxquels est confronté le football féminin africain. Contrairement à la CAN masculine, qui bénéficie d’une visibilité et de ressources bien plus importantes, la compétition féminine peine à s’inscrire dans un calendrier stable. Le passage à un cycle quadriennal, envisagé pour la CAN masculine, pourrait paradoxalement marginaliser davantage le football féminin, en réduisant les opportunités de compétition pour les sélections africaines.
Le retrait du Maroc comme pays hôte potentiel ouvre une fenêtre d’opportunité pour d’autres nations africaines. L’Afrique du Sud, qui avait déjà manifesté son intérêt pour remplacer le Maroc en 2026, apparaît comme le candidat naturel. Ce pays dispose d’infrastructures solides et d’une expérience avérée dans l’organisation de grands événements sportifs, comme la Coupe du monde masculine en 2010. Cependant, la CAF pourrait aussi choisir de diversifier les pays hôtes pour favoriser le développement du football féminin dans des régions moins exposées.
Pour le Cameroun, ce titre historique pourrait servir de tremplin pour renforcer la structuration de son football féminin. Cependant, sans un calendrier clair pour les prochaines compétitions, les Lionnes pourraient peiner à capitaliser sur leur succès. La Fédération camerounaise de football devra travailler en étroite collaboration avec la CAF pour garantir des opportunités de compétition régulières.
À l’échelle continentale, l’absence de visibilité sur la prochaine CAN féminine risque de freiner les investissements dans le football féminin. Les fédérations africaines, souvent confrontées à des contraintes budgétaires, pourraient hésiter à allouer des ressources à un sport dont l’avenir compétitif reste incertain. La CAF a donc une responsabilité majeure pour clarifier rapidement ses intentions et rassurer les acteurs du football féminin.
La CAN féminine 2026 a marqué un tournant avec le sacre du Cameroun, mais elle a aussi mis en lumière les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la compétition. Alors que le Maroc tourne la page de l’organisation, la CAF doit rapidement trancher sur le pays hôte et le calendrier de la prochaine édition. Une décision claire et ambitieuse serait un signal fort pour le développement du football féminin en Afrique, un continent où le potentiel est immense mais les défis restent nombreux.




