Le 24 juillet 2026, François Félix Ewane, administrateur de l’Office national des infrastructures et équipements sportifs (ONIES), a attribué à la société AMA Consultants un marché de 3 455 030 250 FCFA toutes taxes comprises. Son objet : une « assistance à maîtrise d’ouvrage en vue de l’achèvement des travaux » du complexe sportif d’Olembé, à Yaoundé. La prestation, étalée sur vingt mois et payable en trois tranches, ne finance aucun mètre cube de béton — seulement du pilotage, de la coordination et du conseil technique.
Le rappel du coût donne le vertige. Lancé en 2015 avec l’italien Piccini pour 163 milliards de FCFA, le chantier a vu son enveloppe révisée à 218, puis à 235 milliards, avant une reprise par le canadien Magil Construction.
Sur le papier, le stade a été « livré » pour la Coupe d’Afrique des nations 2021, finalement disputée en janvier 2022. Dans les faits, les réserves n’ont jamais été levées : Olembé ne figure pas sur la liste des stades homologués par la CAF pour la saison 2026-2027, alors que celui de Japoma, à Douala, y est retenu.
Japoma sert justement de point de comparaison. Démarré en 2017 et confié au turc Yenigün, il a coûté entre 140 et 232 milliards de FCFA, financés à 85 % par la Türk Eximbank. Réunis, les deux complexes ont mobilisé de l’ordre de 400 milliards de FCFA pour deux chantiers que la presse camerounaise décrit toujours comme inachevés.
La question qui reste sans réponse publique est celle de l’exploitation. Un stade non homologué ne peut accueillir de rencontre internationale : il ne génère donc ni recette de billetterie CAF ou FIFA, ni droits télé continentaux pour amortir un entretien qui, lui, court en continu.
L’ONIES n’a rendu public ni calendrier d’achèvement, ni coût final consolidé. Le marché d’assistance signé cet été court, lui, jusqu’en 2028.




