Le 8 juillet 2026, les chiffres du dernier rapport officiel font état de 1,2 milliard de dollars US de fonds transférés par la diaspora camerounaise en 2024, soit environ 652 milliards de FCFA. Cette manne financière, déjà reconnue comme un pilier de l’économie nationale, suscite un débat inédit au sein des instances publiques : comment transformer ces flux en investissements durables ?
Le 7 juillet 2026, à Yaoundé, ministres, représentants de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et experts du secteur financier se sont réunis pour envisager la création d’un produit d’épargne dédié aux Camerounais de l’étranger. L’objectif affiché est de canaliser une partie de ces ressources vers l’investissement productif, en offrant aux expatriés une alternative sécurisée aux envois de fonds classiques.
Pourquoi un tel produit ? Aujourd’hui, la majorité des transferts de la diaspora se limite à des envois ponctuels, souvent destinés à la consommation courante ou à la couverture de besoins immédiats. Cette dynamique ne crée que peu de valeur ajoutée pour l’économie du pays. En proposant un instrument d’épargne, l’État espère inciter les expatriés à placer leurs excédents dans des projets à moyen et long terme, tout en bénéficiant d’un cadre fiscal attractif.
Des modèles similaires ont déjà été testés dans d’autres économies africaines, où des comptes d’épargne diaspora ont permis de financer des infrastructures, des PME et des programmes d’énergie renouvelable. L’expérience montre que la clé réside dans la confiance : des garanties solides, une transparence totale sur l’affectation des fonds et des rendements compétitifs sont indispensables pour convaincre les épargnants de l’étranger.
Pour le Cameroun, les retombées pourraient être multiples. Un afflux régulier de capitaux dédiés à des projets productifs pourrait accélérer la construction de routes rurales, soutenir la création d’entreprises locales et renforcer les capacités du secteur agricole, pilier de l’emploi. En outre, la mobilisation de l’épargne diaspora offrirait une source de financement moins dépendante de la dette extérieure, contribuant ainsi à la stabilité macroéconomique.
Cependant, plusieurs défis restent à relever. Le cadre réglementaire doit être revu pour garantir la protection des dépôts et la traçabilité des investissements. La mobilisation de la diaspora nécessite également une communication ciblée, afin de répondre aux attentes de sécurité et de rendement. Enfin, la coordination entre les institutions financières nationales et les banques d’accueil à l’étranger doit être optimisée pour éviter les frictions administratives.
Les travaux amorcés à Yaoundé ne sont que le premier pas d’un processus qui devrait déboucher, dans les prochains mois, sur la rédaction d’un projet de loi et la mise en place d’une plateforme numérique dédiée. Si les autorités parviennent à conjuguer rigueur juridique et attractivité financière, la diaspora camerounaise pourrait devenir un véritable moteur de développement, transformant chaque dollar envoyé en une pierre angulaire de la prospérité nationale.




