LLV LE MAG
Cameroun·Sport·21 août 2026, 19:42

Diffamation : le patron de CFOOT de nouveau convoqué par la police judiciaire

Alain Denis Ikoul, directeur de publication de CFOOT et critique récurrent de la direction de la Fecafoot, est attendu le 26 août 2026 devant la police judiciaire de Yaoundé, dans le cadre d'une plainte pour diffamation déposée par la fédération.

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Illustration éditoriale pour Diffamation : le patron de CFOOT de nouveau convoqué par la police judiciaire

C'est la deuxième convocation en quelques semaines pour Alain Denis Ikoul. Le directeur de publication du média sportif CFOOT est attendu le 26 août 2026 à 10 heures au Laboratoire de police scientifique, porte 310 de la Direction de la police judiciaire à Yaoundé, dans le cadre d'une procédure ouverte après une plainte de la Fédération camerounaise de football pour « diffamation et propagation de fausses nouvelles ».

Alain Denis Ikoul s'est imposé, ces dernières années, comme l'un des critiques les plus constants de la direction actuelle de la Fecafoot, multipliant les sorties acerbes contre son président Samuel Eto'o et son équipe dirigeante. En janvier 2026 déjà, la publication par CFOOT d'une liste d'anciens internationaux camerounais qualifiés d'« hypocrites » avait suscité une vive controverse dans le milieu du football national.

La relation entre le journaliste et la fédération n'est pas seulement à sens unique. En février 2025, CFOOT avait interpellé Samuel Eto'o après l'agression d'Ikoul par des agents de la billetterie du Dynamo FC en marge d'un match contre la Panthère Sportive du Ndé, réclamant des sanctions exemplaires contre les responsables. Le climat entre le média et la fédération, déjà tendu depuis plusieurs années, s'est donc encore durci ces derniers mois, la Fecafoot ayant choisi cette fois de porter le différend devant la justice.

Pour l'heure, aucune décision n'a été rendue. Ikoul devra s'expliquer devant les enquêteurs sur le contenu des publications visées par la plainte, sans qu'aucune charge ne soit à ce stade retenue contre lui. La procédure suit son cours normal, et c'est aux autorités judiciaires qu'il reviendra de trancher si les propos incriminés relèvent effectivement de la diffamation ou de la liberté de critique journalistique — une frontière que la justice camerounaise est régulièrement appelée à préciser dans le milieu sportif.

Au-delà de ce dossier précis, l'affaire relance un débat plus large sur les rapports entre la Fecafoot et une partie de la presse sportive camerounaise, régulièrement accusée par ses détracteurs de multiplier les procédures contre ses critiques les plus virulents. Le débat n'est pas nouveau : critiquer une institution sportive fait partie du rôle normal de la presse, mais cette liberté s'accompagne d'une exigence de rigueur — vérifier une information avant de l'ériger en accusation publique n'est pas une contrainte accessoire, c'est une condition du métier.

L'issue de cette convocation, comme celle de la procédure dans son ensemble, reste entre les mains de la justice camerounaise. Wait and see.

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