Paris accueillera les 18 et 19 septembre le forum « Ensemble Back Home 2026 », organisé par le Réseau Ensemble avec le soutien de l'ambassade du Cameroun en France. Plus de 400 personnes sont attendues pour deux jours de tables rondes construites autour d'un objectif affiché depuis plusieurs mois par les organisateurs : convertir une partie de l'épargne des Camerounais de l'étranger en investissements concrets sur le territoire national.
Le chiffre qui structure tout le programme est celui des transferts de fonds. Selon les organisateurs, la diaspora camerounaise a envoyé au pays environ 650 milliards de FCFA en 2025, contre une moyenne annuelle de 450 milliards sur les cinq dernières années, soit une progression de 8 % en un an. Ces montants, essentiellement destinés à la consommation des familles restées au pays, sont au cœur du pari du forum : en réorienter une fraction vers des placements plus structurants.
Quatre chantiers occupent l'essentiel des débats : les obligations diaspora (« Diaspora Bonds »), l'entrepreneuriat, l'intelligence artificielle et le financement de projets immobiliers et agricoles. Sur le premier point, la Société immobilière du Cameroun (SIC) et la Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale (Cosumaf) travaillent déjà à la structuration d'une obligation diaspora dédiée au logement, sans qu'une date de lancement ou un montant cible n'aient encore été communiqués.
L'ambassadeur Magnus Ekoumou conduira la délégation diplomatique, aux côtés de plusieurs membres du gouvernement et de personnalités sportives passées par les Lions Indomptables, dont les anciens défenseurs Aurélien Chedjou et Stéphane Mbia. Leur présence illustre la volonté des organisateurs de dépasser le seul cercle des milieux d'affaires pour toucher un public diasporique plus large, notamment les jeunes générations nées ou installées en France.
Ce volet économique tranche avec un autre indicateur publié la même semaine : sur les 252 830 nouveaux électeurs inscrits sur les listes camerounaises entre janvier et août 2026, seuls 234 résidaient à l'étranger. La mobilisation financière de la diaspora, mesurée en centaines de milliards de FCFA, contraste ainsi avec une participation électorale restée marginale, un écart que plusieurs associations de la diaspora avaient déjà pointé après la publication de ces chiffres par Elecam.
Ni le Réseau Ensemble ni les autorités camerounaises n'ont pour l'heure annoncé de montant cible pour l'obligation diaspora logement, ni de calendrier précis pour son lancement. Le forum des 18 et 19 septembre doit surtout poser un cadre de discussion appelé à se prolonger bien au-delà de Paris, entre partenaires financiers, diplomatie et associations de la diaspora.




