LLV LE MAG
Afrique·Diaspora·15 juil. 2026, 07:07

Étudiants camerounais protestent devant l’ambassade de France à Yaoundé contre le durcissement des conditions de visa

Des dizaines de jeunes ont défilé pacifiquement devant l’ambassade de France à Yaoundé pour dénoncer l’exigence de paiement intégral des frais de scolarité avant l’obtention d’un visa étudiant, une mesure annoncée par Campus France le 9 juillet 2026.

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Mardi 14 juillet 2026, la place devant l’ambassade de France à Yaoundé s’est remplie de visages déterminés et de pancartes revendicatives : plusieurs dizaines d’étudiants et de leurs soutiens ont marché pacifiquement pour dénoncer les nouvelles exigences financières imposées aux candidats souhaitant poursuivre leurs études dans un établissement privé français.

Depuis le 9 juillet, Campus France Cameroun a communiqué que, avant toute délivrance de visa, les postulants doivent désormais justifier du paiement intégral de leurs frais de scolarité ou prouver qu’ils disposent de la somme correspondante. Cette mesure, inattendue pour beaucoup, vient s’ajouter à la procédure déjà lourde de demande de visa étudiant.

Pour Yvan Odjo, candidat en Master 2 de droit public dans une université privée française, la règle représente un obstacle majeur : « Je suis déjà inscrit, j’ai déposé mon dossier, et maintenant on me demande de prouver que j’ai déjà payé », explique-t-il, soulignant le sentiment d’injustice qui se répand parmi les jeunes camerounais aspirant à une formation à l’étranger.

Le cœur du problème réside dans la capacité financière des familles camerounaises. Selon les dernières estimations du ministère de l’Éducation, le coût moyen d’une année universitaire dans une institution privée française dépasse les 15 000 €, un montant que peu de foyers peuvent mobiliser sans recourir à des prêts ou à des aides extérieures. Exiger la preuve du paiement avant même l’obtention du visa renforce ainsi un fossé déjà existant entre les élites et la majorité.

Cette nouvelle exigence risque de décourager des milliers de candidats, d’autant plus que le nombre de visas délivrés aux étudiants camerounais était déjà jugé « faible » par les associations étudiantes locales. Une réduction supplémentaire du flux d’étudiants pourrait avoir des répercussions sur le retour d’expertise, la coopération académique et même sur les perspectives d’emploi dans les secteurs où la formation à l’étranger est valorisée.

Face à ce contexte, la manifestation d’hier n’est pas seulement un cri de protestation, mais un appel à la transparence et à la révision des critères. Les manifestants réclament la suspension de la mesure jusqu’à ce qu’une solution équitable soit trouvée, invitant les autorités françaises à envisager des modalités de paiement échelonné ou des bourses d’études accessibles aux candidats méritants.

Les développements restent à suivre. Campus France n’a pas encore réagi officiellement à la mobilisation, et les étudiants attendent une réponse qui pourrait redéfinir les conditions d’accès à l’enseignement supérieur français. En attendant, la mobilisation montre que la jeunesse camerounaise n’acceptera pas passivement des barrières qui compromettent son avenir académique.

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