Trente-deux ans. C'est le temps qu'il aura fallu au football mondial pour voir tomber un record que beaucoup croyaient éternel : les 108 matchs sans défaite de l'ASEC Mimosas, réalisés entre 1989 et 1994 et longtemps considérés comme la marque absolue de l'âge d'or du football ivoirien.
Le 21 août 2026, au Sultan Ibrahim Stadium, le Johor Darul Ta'zim a validé son 109e match consécutif sans défaite en s'imposant 3-0 face à Kuching City, pour l'ouverture de la Malaysia Super League 2026-2027. Les buts de Marcos Guilherme, Oscar Arribas et Shahab Zahedi ont suffi à écrire une nouvelle page du record mondial.
Rien d'improvisé dans cette performance : douze fois champion consécutif de son championnat, le club malaisien s'appuie sur le soutien financier de la famille royale de l'État de Johor pour bâtir une hégémonie locale sans équivalent sur le continent asiatique. Un contexte aux antipodes de celui de l'ASEC Mimosas, dont la série s'était construite dans un championnat ivoirien nettement plus disputé.
C'est peut-être là que le bât blesse pour l'Afrique : voir son record historique dépassé par un club porté par une hégémonie financière rappelle, en creux, la nécessité de structurer davantage les compétitions du continent. L'international équato-guinéen Carlos Akapo, vice-capitaine de sa sélection et titulaire à Johor, incarne malgré tout la preuve qu'un talent africain peut briller loin de l'Europe et de l'Afrique à la fois.
Un record vieux de trois décennies vient de tomber en une soirée malaisienne. De quoi rappeler qu'aucune marque, même mythique, n'est jamais définitivement à l'abri d'un club disposant des moyens de son ambition.




